|
SOCIETE FRANCO-ALGERIENNE DE PSYCHIATRIE |
|
Dossier de presse : le suicide en Algérie
Revue de la Presse
Oran : La psychiatrie, les addictions et les psychotropes, thème d'un congrès internationalDes intervenants au
congrès international de psychiatrie, placé sous le slogan "la psychiatrie, les
addictions et les psychotropes", ont appelé jeudi dernier à remplacer le terme
toxicomanie par "addiction", mieux adapté, selon eux, dans le processus de
prise en charge thérapeutique des toxicomanies liées aux troubles
psychiatriques. EL MOUDJAHID,
Rencontre sur la toxicomanie: «L'Algérie n'est pas à l'abri de cette épidémie mondiale. par B. Mokhtaria Les spécialistes en
psychiatrie et en lutte contre la toxicomanie s'accordent tous sur un point: la
consommation des drogues est en continuelle augmentation, du moment que tous les
facteurs interactifs sont réunis. Le Quotidien d'Oran, 17 mai 2008
Ouverture aujourd’hui du Congrès international sur la drogue et la toxicomanieL’ampleur du fléau inquiète les spécialistesLe congrès international sur le problème des drogues et la toxicomanie se tiendra aujourd’hui et demain, à l’hôtel Sheraton. Organisé conjointement par la Société franco-algérienne de psychiatrie (SFAP) et la Société algérienne de psychiatrie, Ce congrès aura pour ambition de rassembler les acteurs de plusieurs pays, reconnus pour leurs compétences dans ce domaine. Il aura pour objectifs de favoriser les débats et échanges entre professionnels, de faire le point sur les liens entre addictions et maladies psychiatriques, de présenter les résultats les plus récents de la recherche et les perspectives thérapeutiques en développement. Cette manifestation aura également pour souci de mettre à la portée des participants des informations et des outils pratiques de diagnostic et de traitement au quotidien. Les consommations de drogues sont certainement le reflet d’une société mais les comportements en matière de toxicomanie ne cessent d’évoluer. De plus en plus, le recours aux médiateurs du plaisir et de la relation que sont les drogues au sens large, tels que l’alcool, le tabac, le jeu d’argent mais aussi la nourriture et la sexualité se généralisent et constituent un véritable défi pour la politique, le juridique, le chercheur et le soignant. Devant l’importance du phénomène, un certain nombre de pays se sont dotés d’institutions et de structures dédiées à la lutte contre les drogues et la toxicomanie. Considérée longtemps comme zone de transit, l’Algérie tend à se transformer progressivement en espace de consommation. Elle vient de créer un office nationale chargé d’élaborer la politique nationale de prévention et de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Depuis, la prise en charge des toxicomanes fait l’objet d’une attention particulière par la multiplication des centres de traitement spécialisés. En effet, plusieurs communications seront présentées par des psychiatres : Addictions et troubles mentaux, l’exemple du cannabis, prise en charge des schizophrènes, Pudding dans la maladie de Parkinson, Cannabis et accident vasculaire cérébral, traitement de la dépendance tabagique, le tabac : anti-hallucinatoire, etc. Benchikh R. 14 Mai 2008, L'Echo d'Oran
Prise en charge des maladies
mentales Psychiatrie, le parent pauvre de la médecine ?
Parent pauvre de la médecine, la
psychiatrie ne peut pas soulager à elle seule toute la désespérance qui
consume de son petit feu sournois toute la société du mal-être. Désespérée
mais pas abattue, la corporation se bat dans l'anonymat et fait honneur à cet
humanisme qui a choisi le pari des pauvres et des désarmés qu'on ne saurait
éternellement cacher au risque de se déjuger.
Poignante émission de terrain, jeudi matin, sur les ondes de la Radio Bahia consacrée aux difficultés de la prise en charge de la pathologie mentale à Oran et par extension en Algérie. Intervention à chaud et unanime de la corporation: «Il est impossible de psychiatriser toute la détresse humaine», résume un praticien. Entendre par là également que «la prise en charge efficiente du trouble mental ne dépend pas de la seule structure hospitalière, mais tout aussi de l'environnement le plus immédiat, la famille et les proches notamment pour ne pas dire la société en entier». Au micro, chaque patient raconte sa petite histoire et surtout sa satisfaction d'être pris en charge comme il se doit. Infanticide, maladie, chômage, drogue, emprisonnement, divorce et rejet des autres... l'oubli et bien d'autres aléas de la vie sont avancés par les internés comme pour dire lucidement que la maladie n'est qu'un court intermède qui survient brusquement pour briser le cours normal d'une existence. «L'hôpital offre au moins à celui qui se sent perdu au milieu de son environnement des repères qu'il n'a pas ailleurs», avance un psychiatre qui n'ira pas jusqu'à affirmer que l'asile peut remplacer l'environnement naturel de l'interné. «De 1962 jusqu'à nos jours, 12.000 praticiens qui ont été formés, 4.000 seulement continuent à exercer la psychiatrie». «En 1962, l'Algérie comptait 10.000 lits, elle n'en compte que 4.000 lits», avance un praticien sur les mêmes ondes. Autant de comparaisons qui laissent comprendre que la psychiatrie est vraiment le parent pauvre de la médecine en Algérie. En plus du problème de la surcharge évoqué par tous les intervenants, médecins et personnel paramédical de l'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi et de ses conséquences sur la prise en charge, la rupture de stocks de certains médicaments, essentiels dans le traitement de la maladie, a été également soulignée. «L'hôpital doit faire face aux cas les plus urgents. Le malade, agité ou présentant de réelles menaces pour lui-même ou pour l'ordre public, est acheminé via le pavillon 35 (urgences psychiatriques) à l'hôpital psychiatrique où il doit séjourner pour un moment, le temps d'être stabilisé. Une fois sorti, il est pris en charge en post-cure au niveau de la polyclinique de Ibn Sina (Victor Hugo) ou Eckmühl où il doit surtout s'approvisionner en médicaments notamment avec le modecad, un psychotrope administré mensuellement sous forme d'injection pour l'aider à se stabiliser. Voilà en raccourci le parcours normal d'un interné», explique l'animateur de l'émission. «Toutefois ce médicament, qui n'était pas disponible il y a quelque temps au niveau du dispensaire, a fait que nombreux patients ont rechuté. Comme si rien n'a été fait pour le malade», fera remarquer un paramédical du dispensaire de Victor Hugo. Et pourtant, ce psychotrope est aussi vital que l'insuline l'est pour le diabétique. Le dispensaire psychiatrique de Ibn Sina est trop exigu pour les 150 patients qui s'y rendent quotidiennement et pour le personnel qui fait ce qu'il peut pour venir en aide à tous ces patients pour la plupart de condition précaire et qui ne peuvent se permettre l'achat d'un psychotrope chez les officines de même usage à 16.000 dinars la boîte. Un personnel tout de même dévoué et engagé dans un travail des plus harassants et surtout des visages apaisants et familiers à tous les patients et leurs proches. Ce dispensaire de l'avis de tous nécessite des réaménagements et ce n'est pas parce qu'il faut cacher ce genre de maladie qu'il est interdit de s'en soucier. Le directeur de la Santé de la wilaya d'Oran, en clôturant l'émission, ne disconvient pas face à tous les propos avancés; il dira «veiller à ce que les conditions de la prise en charge soient améliorées». Pour revenir à la psychiatrie, les statistiques sont affolantes et à chaque colloque ou journée scientifique qui lui est consacrée, on entrevoit le trouble mental comme une vraie menace sanitaire. «La société qui rejette cette maladie en lui conférant le sceau du préjugé de l'inimitié, en amont, ne favorise pas la seule prise en charge clinique», précise plus d'un praticien. Alors qu'on voit que les barrières entre le normal et le pathologique dans ses origines premières sont de plus en plus invisibles et minimes tant que les causes sont tout aussi sociales, à l'exemple du chômage ou de l'échec qui dévalorise l'image de la personne vis-à-vis d'elle-même. Un SDF qui vit dans la rue n'est pas forcément un malade qu'on doit soigner dans son âme mais bel et bien un marginal de la société qui l'a botté sur la touche. Un harrag qui s'en va, englouti par le mirage de ses propres illusions, peut à lui seul représenter le cas le plus typique de la désespérance d'un mélancolique qui, dans les propres termes de la psychiatrie, a perdu son intime objet d'amour. Manque de perspective, manque de repère, impossibilité de se projeter dans l'avenir, en un mot: défaut de feuille de route pour tracer les sillons de sa propre trajectoire. Voilà en somme les vrais maux de la société qui amplifient le plus souvent le désir du divorce avec le monde du réel. Le plus vieil interné de l'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi séjourne dans cet asile depuis 1957, toute une vie ! Le Quotidien d'Oran 19 avril 2008
RUSH SUR LES CABINETS DE PSYCHIATRES ET DE PSYCHOLOGUES
- La prise en charge hospitalière des maladies psychiatriques reste en deçà des besoins.
Présent compromis, avenir incertain...Les Algériens ne savent plus à quel saint
se vouer. Fragilisés par la tragédie nationale dont les séquelles brûlent
toujours, une crise sociale sans précédent...ils sont devenus des «abonnés»,
par excellence, des cabinets de psychiatres, et par ricochet, médecine
psychosomatique...et des neuropsychiatres. «J’ai ouvert les yeux sur une
illusion, un grand mensonge et une existence vaine», regrette un dépressif.
Dix ans après le massacre de Bentalha73% des enfants ont vécu un traumatismeLe 23 septembre 1997, l’Algérie s’est réveillée sur une horrible boucherie. Un groupe de terroristes s’est attaqué avec une violence inouïe aux habitants de Bentalha, situé entre Baraki et Sidi Moussa, à l’est de la capitale. Les témoignages des rares rescapés ont bouleversé le monde. Dix ans plus tard, ceux qui ont survécu à cette tragédie continuent de souffrir du lourd traumatisme psychologique. Pour évaluer les séquelles post-traumatiques de ce drame, le centre de soins psychologiques de Bentalha, créé en début de 1998 par la Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche (Forem), a fait le bilan d’une décennie de prise en charge. L’évaluation de cette thérapie concerne 120 adultes et 413 adolescents et montre que 73% des enfants ont vécu un traumatisme entre 1995 et 2000. Pour 39% des cas, l’origine est liée à des actes terroristes, 28% des cas au décès du père (directement ou indirectement lié au terrorisme) et 26% des cas à l’assassinat du père. Il est important de relever que 54% de l’échantillon fréquentent toujours les collèges et 56% ont un âge moyen de 15 ans. Ces adolescents sont dans 62% des cas des orphelins de père et 9% de mère, et dans 91% des cas sont dans une extrême pauvreté et vivent grâce au programme d’aide dans le cadre du parrainage des orphelins (un millier d’orphelins ont été parrainés dans ce cadre). Les spécialistes ont montré que 51% des adolescents, soit 211, suivis au centre souffrent de post-traumatisme, dont 39% des cas sont dans une mauvaise situation, et 24% des cas ont une mauvaise estime de soi. Pour ce qui est des 120 adultes pris en charge, les statistiques montrent que 47% présentent des traumatismes psychologiques dont la principale cause est dans 86% des cas la perte du mari. Il est également fait état de 46% des cas âgés entre 36 et 55 ans qui sont toujours atteints du stress post-traumatique et 83% de ces derniers sont des chômeurs. Des chiffres qui font très peur dans la mesure où ces enfants et adultes souffrent encore, dix ans après le massacre de Bentalha, de profonds traumatismes psychologiques, alors que parallèlement des milliers d’autres victimes n’ont pas eu la chance de consulter des psychologues. La prévalence de cette maladie due à un ou plusieurs traumatismes enregistre une moyenne inquiétante, indiquent les spécialistes, en rappelant que le ministère de la Santé l’a évaluée à plus de 20%, notamment dans les régions les plus touchées par le terrorisme comme Médéa, Aïn Defla, Relizane, Chlef et Saïda, alors que dans le monde, elle est comprise entre 1 et 9%. Lors de ce colloque, un témoignage poignant d’une jeune fille, Djazia, ayant été grièvement blessée par l’explosion d’une bombe dans un bus à Sidi Moussa durant les années 1990. Djazia avait, il y a quelques années, témoigné dans un documentaire de feu Azzedine Meddour intitulé Douleur muette et consacré aux enfants victimes du terrorisme. Djazia, qui a décroché son bac cette année, déclare être sortie d’une longue et douloureuse épreuve grâce à la thérapie psychologique dont elle a bénéficié. D’autres jeunes ayant survécu au massacre sont pris en charge au centre de soins de Bentalha. Le professeur Khiati, président de la Forem, relève que la souffrance due à ces traumatismes est plus ressentie chez les adultes que chez les enfants, en précisant avoir enregistré deux cas de suicide parmi les malades traités, alors que la fréquence de ce mal est plus présente chez les jeunes, à raison de 51% des cas contre 47% chez les adultes. Pourtant, les adultes sont les plus nombreux à en souffrir avec 38% des cas qui ont une mauvaise estime de soi, contre 24% pour les adolescents. Peut-être parce que les adultes sont plus conscients du mal qui les ronge ou des événements qui détruisent une partie d’eux-mêmes. Les spécialistes ont appelé à la continuité dans la prise en charge et surtout sa généralisation à travers les autres régions du pays. Salima Tlemçani El Watan 24 septembre 2007
Etablissement psychiatrique de Oued AïssiForte pression sur l’hôpitalL’hôpital spécialisé en psychiatrie, Fernane Hanafi, de Oued Aïssi (EHS), distant de 10 km de la ville de Tizi Ouzou, suffoque sous la forte affluence des wilayas limitrophes. Cet établissement à vocation régionale accueille les patients des wilayas de Boumerdès, Bouira et de Béjaïa, en plus de ceux de Tizi Ouzou. Le service consultation enregistre une moyenne de 150 visites par jour, selon un praticien. Faute de places, des malades nécessitant un séjour à l’EHS se voient accorder une ou deux journées d’observation seulement ou carrément renvoyés chez eux. « Parfois, les patients sont triés et l’on ne retient que les cas les plus urgents », avoue un infirmier. D’une capacité de 330 lits, ouvert en 1972, l’EHS ne peut plus satisfaire une population de handicapés mentaux de plus en plus croissante. Le nombre total de cette catégorie de malades s’élève à 11 226 patients, selon les chiffres de la direction de wilaya de l’action sociale. Sur les cinq pavillons que compte l’EHS, un seul est affecté aux femmes. Le service « fermé » est mixte et il est destiné à des patients spécifiquement violents. Des indiscrétions font état du placement de « certains névrotiques dans la même chambre que d’autres malades ». L’on indique par ailleurs que les quelque 400 employés que compte l’EHS sont insuffisants. A l’exception des consultations quotidiennes, les admissions en pédopsychiatrie ne sont pas assurées. Cet état de fait pénalise les parents des patients. Ces derniers sont pour la plupart issus des milieux défavorisés. Les familles qui sont confrontées à ce genre de problème éprouvent d’énormes difficultés à s’occuper de leurs parents malades. Déplacer un malade ou lui rendre visite, pour les gens éloignés, s’avère onéreux et compliqué. A ce propos, un responsable administratif déclare que « c’est aux élus locaux et aux pouvoirs publics de faire quelque chose pour l’ouverture de nouveaux établissements de ce genre ». La pression exercée sur l’EHS de Oued Aïssi influe négativement sur la qualité d’accueil et des soins fournis aux malades. Un jeune, dont le frère était atteint d’une dépression quelques mois après sa sortie du service national, s’insurge : « Quand j’ai ramené mon frère ici, il était sain physiquement. En lui rendant visite quelques jours après, il se grattait les bras à en saigner, du fait d’une infection. » D’autres parents ont témoigné que le manque d’hygiène est flagrant, notamment pour la literie. Des infections que l’administrateur ne nie pas : « Les nouveaux internés contractent en effet de légères infections dues à des allergies, avant qu’ils ne s’adaptent. » Il est signalé par ailleurs que des antidépresseurs et des neuroleptiques sortiraient sournoisement de l’établissement et ce, malgré « le système de gestion rigoureux du médicament, préconisé par le ministère de tutelle ». Mais ces produits tombent vraisemblablement entre des mains incorrigibles. « Il arrive parfois de céder des médicaments sur ordonnance de médecin privé, à des patients habitués à notre établissement lorsque le produit vient à manquer », se défend notre vis-à-vis. Nordine Douici El Watan 16 août 2007
Ces policiers qui souffrent de traumatismes psychologiquesLe lourd tribut payé au terrorismeUn pays qui perd 1500 de ses membres en l’espace de trois ans seulement et c’est la République qui tombe. » Une phrase lancée à Tunis, en 1995, par un ministre de l’Intérieur européen, et reprise dans le livre La police algérienne, une institution pas comme les autres de Aïssa Kasmi, ex-cadre de la Sûreté nationale, pour illustrer l’hécatombe qui a suivi l’embuscade meurtrière, qui a ciblé pour la première fois une patrouille de policiers, un certain 10 février 1992, à la rue Bouzrina, Basse Casbah, à Alger. C’était le début d’une hémorragie dans les rangs de la Sûreté nationale. Vivant au milieu de la population, notamment dans les quartiers populaires, les policiers et des membres de leurs familles, cibles privilégiées des terroristes, tombaient à chaque coin de rue. Sur une population qui comptait à peine 10 000 policiers, Aïssa Kasmi a estimé dans son livre sorti en 2002, à 3000 morts le nombre de victimes en dix ans, soit le un tiers. Mais malgré l’enfer vécu, l’institution est restée debout pour se consacrer, essentiellement, à la lutte implacable contre un terrorisme barbare qui a déclaré la guerre à l’Algérie républicaine. Le prix de cette résistance est très lourd et si des dégâts physiques sont perceptibles et guérissables, le traumatisme psychologique, beaucoup plus profond, invisible et latent, qu’elle a engendré, a miné ses rangs et continue à faire souffrir les proches et les collègues des victimes. Nous sommes en plein après- terrorisme. Il est plus dur à affronter et à surmonter. Les séquelles de la violence dans laquelle l’Algérie avait sombrée causent elles aussi des drames aussi bien pour les policiers que pour leurs familles. Conscients de ce phénomène, les responsables de l’institution ont, dès 1996, eu l’idée d’installer une cellule de six psychologues cliniciens pour dépister les cas de traumatisme psychologique. Mais il faudra attendre 1999 pour que tous les mécanismes d’organisation soient mis en place. Entre la création et la mise en œuvre de la cellule, le nombre de suicides dans les rangs de la police a augmenté. A elle seule, l’année 1997, marquée par les massacres collectifs et surtout les images cauchemardesques des mutilations, des décapitations, des corps carbonisés, éventrés et déchiquetés, qu’ils ont laissés, détient le record avec 11 suicides, même si certains experts ne lient pas ce phénomène à la violence, mais plutôt à la situation socio-économique du pays. Pour eux, il n’y a aucune différence entre les motifs qui poussent un simple citoyen ou un policier à se donner la mort, si ce n’est le fait que ce dernier possède une arme, considérée comme un facteur encourageant du suicide. Néanmoins, les chiffres sont révélateurs. Douze policiers se sont suicidés en 2000, 16 en 2001, 12 en 2002, 10 en 2003, 11 en 2004, 17 en 2005 et 4 en 2006. Entre 1996 et 2005, ils sont 23 à avoir mis fin à leur vie. Les statistiques montrent une succession de recul et de hausse inexpliquée par les professionnels de la santé mentale, tout comme c’est le cas en général chez les civils. La réparation préventive devient très importante et le dépistage des troubles psychologiques essentiel. Pour les spécialistes, il est difficile de déceler les cas de traumatisme, du fait que la majorité d’entre eux ne laisse rien paraître et continue à travailler normalement. La décision de procéder à un examen psychologique systématique à tous les agents confrontés à la lutte antiterroriste au niveau des sûretés de wilaya, a fini par donner des résultats effarants au bureau de suivi psychologique (BSP) dirigé par le docteur Boualem Kechacha, psychologue clinicien, rattaché au service central de la santé et de l’action sociale de la Sûreté nationale. Les cas les plus touchés sont tout d’abord retirés du terrain pour occuper un poste administratif tout en bénéficiant d’une thérapie. Quelque temps plus tard, s’ils s’en sortent, ils reprennent leurs activités initiales. Ils deviennent bénéficiaires prioritaires de tous les avantages liés à leur fonction. Dans le cas contraire, ils sont mis en congé spécial, rémunéré par la sécurité sociale et la mutuelle de la Sûreté nationale. Ils ont droit à un suivi permanent par un psychologue. Une cellule locale chargée de la prise en charge des policiers victimes de traumatisme psychologique est de ce fait mise en place au niveau de 36 sûretés de wilaya, sur 48 (Illizi et Tamanrasset n’étant pas concernées). Elles sont chapeautées par le chef de sûreté de wilaya et composées d’un psychologue, d’un médecin de l’action sociale et d’un représentant de l’administration qui ont pleins pouvoirs de prendre toute décision jugée nécessaire à l’égard de la victime, entre autres, un rapprochement familial, un suivi psychologique, y compris pour sa famille, etc. Mission très difficile parce qu’il est question de traiter un passif de 10 ans. Tous les agents de la Sûreté nationale sont, à ce titre, mis à contribution pour dépister les cas de traumatisme dans leurs rangs. Le Bsp ne cesse de leur rappeler cette mission dont dépend leur santé et celle de leur entourage. Il leur est demandé de signaler tout comportement jugé inquiétant. Cela va du cas d’un policier qui subitement perd l’appétit, ne dort pas, commence à fumer excessivement, stresse rapidement, ou encore devient impulsif ou brutal jusqu’au comportement dépressif et violent. Des indices qui peuvent être utiles dans le dépistage d’un trauma et aider à sa guérison le plus rapidement possible. Aujourd’hui, le BSP compte une centaine de psychologues cliniciens, formés sur le tas et ayant bénéficié de cycles de spécialisation de courtes durées au niveau des universités algériennes mais également européennes. Trois psychiatres font partie de l’équipe. Ils sont sollicités en matière d’expertise psychiatrique, mais également pour la prise en charge des cas lourds lorsqu’ils dépassent la compétence des psychologues. C’est en 2005 que les premiers chiffres concernant les dommages collatéraux sont connus, après un dépistage effectué dans les rangs de la police. En 6 ans (1999-2005), 10 000 policiers ont bénéficié d’un suivi psychologique. Parmi eux, 489 présentent un syndrome post-traumatique (SPT) nécessitant une thérapie. 77% de ces agents n’ont pas été mutés, alors que 23% ont été orientés vers des postes aménagés ou sont en arrêt de travail prolongé. En 2005, ils étaient 493 cas de SPT qui suivent un traitement psychologique, et en 2006, 128 nouveaux cas ont été décelés. A ces derniers, s’ajoutent les cas ayant subi des dégâts physiques. Ils sont 104 policiers à avoir été déclarés grands invalides. Ils sont pris en charge totalement par la sécurité sociale. Docteur Kechacha estime que les victimes de trauma sont dans l’écrasante majorité recrutée entre 1991 et 1996. La période la plus touchée par le terrorisme. Pour lui, les chiffres sont loin de la réalité. Les policiers prennent rarement l’initiative d’aller consulter un psychologue. La première barrière est donc installée avec l’instauration d’un test psychologique obligatoire lors du recrutement dès la fin des années 1990, et qui permet à chaque fois d’éliminer une moyenne de 30% des postulants. Ce qui est important pour les responsables de la Sûreté nationale, c’est de guérir en priorité les dommages collatéraux de la lutte antiterroriste et d’éviter aux générations futures des drames encore plus violents que ceux vécus par les policiers durant la décennie rouge. Il est question de soulager la souffrance de ceux qui ont affronté le terrorisme, un devoir que l’Etat est obligé d’assumer, ne serait-ce que par reconnaissance à ses milliers d’enfants qui ont sauvé la République. Un hommage, à défaut d’ériger un mémorial à leur sacrifice. 8 juillet 2007
L’enfant et la toxicomaniePrise en charge psychothérapeutiqueL a toxicomanie n’est pas uniquement une affaire de psychiatres ! » Sentence du Dr Doumendji, psychologue, inspectrice à l’enseignement supérieur et à l’origine de la création de deux centres de suivi de jeunes, Enfance maltraitée et Enfance en difficulté.Avec M. Ziane, autre psychologue, enseignant à l’université de Bouzaréah, ils tentent d’assurer une gestion des maux de l’enfance en difficulté dans les grands centres urbains à travers l’association PSI Son & Image. « Nous n’arrivons pas à développer nos activités, faute d’autres locaux dans les cités pour prendre en charge et animer des joutes entre des enfants qui ne demandent qu’une simple assistance », dira M. Ziane. Pour lui, les portes de la toxicomanie concernent également les enfants dans la préadolescence. « Nous tentons d’occuper les enfants sortant du circuit scolaire à un jeune âge, les non-scolarisés qui se retrouvent à la rue sans aucune formation pouvant les mettre à l’abri des déviances ». Un projet financé par l’Union européenne bute sur l’absence d’autres espaces, « un local simple où mettre ces enfants avec du matériel suffit au bonheur des concernés ». L’exigence est simple : un lieu dans une quelconque cité et c’est un pare-feu pour ces dizaines d’enfants. « Attention, nous remarquons que tous les colloques et rencontres sur la toxicomanie ne font pas appel aux psychologues, alors qu’ils sont partie prenante de ce grave fléau », assurera le Dr Doumendji. Travailler en collaboration, s’échanger des informations et bénéficier mutuellement de l’apport des deux sciences ne peut être que salvateur pour l’objet de leurs études, à savoir l’être humain. Le même jour de la tenue de la rencontre internationale sur la toxicomanie ayant pour thématique « Maladie ou déviance ? », une soutenance de mémoire de licence par Mlle Ferhat Amel se déroulait dans l’espace universitaire avec comme thème « La relation entre la consommation et les troubles cognitifs chez l’adulte. Etude de cas ». L’ensemble des tests prescrits provenait de psychologues, montrant que la présence de ces derniers est indispensable dans la lutte contre la toxicomanie. La prise en charge psycho-thérapeutique, y compris celle des handicapés, est désormais possible avec les activités de sports et loisirs, des bibliothèques actives, comme le précisera M. Ziane qui rappellera l’exemple des deux centres de Rouiba avec une bibliothèque active pour des enfants en préscolaire. A. Mekfouldji El Watan 19 juin 2007
L'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi étouffe Jun 14,2007 Par : Sofiane M.
L'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi n'est plus, depuis longtemps, un asile
de paix pour les patients souffrant de troubles psychiatriques ou de
dépendance aux drogues. C'est ce qui a été constaté, mardi, par le wali d'Oran
qui y a effectué une visite d'inspection. Le seul EHS en psychiatrie
opérationnel dans tout l'Ouest, puisque le nouveau EHS de Mostaganem inauguré
récemment ne reçoit toujours pas de patients, est confronté à d'énormes
problèmes pour faire face à une demande d'hospitalisation et de soins en
hausse soutenue. Le personnel subit un surmenage et un stress permanent en
raison d'une surcharge de travail et d'un déficit monstre en effectifs et
moyens. Le représentant des travailleurs de cet EHS nous a confié que
l'hôpital accueille en moyenne une dizaine de patients par jour, qui sont
évacués, entre autres, des urgences psychiatriques du CHU d'Oran (pavillon
35). «Avec seulement 6 médecins et une centaine de paramédicaux, on n'arrive
plus à assurer la surveillance des patients souffrant de pathologies
particulières. On a des besoins urgents en spécialistes, en paramédicaux et en
agents de sécurité», a-t-il confié. Le wali a aussi constaté un manque
d'hygiène, de médicaments d'urgence et de moyens matériels, notamment des
ambulances et des véhicules de service pour l'évacuation des patients. Rien
que pour 2006, l'hôpital psychiatrique a accueilli 359 malades en placement
d'office, dont 206 placements judiciaires venus de quatorze wilayas de la
région. Cette «surpopulation» s'est répercutée sur les conditions
d'hospitalisation qui sont devenues insupportables. Le service de
désintoxication de cet hôpital qui prend en charge les personnes intoxiquées
par usage des stupéfiants ou de médicaments n'arrive pas aussi à faire face à
la demande croissante de placements d'office. Avec seulement 36 lits, ce
service est submergé par les patients ce qui a contraint le personnel à
réduire la période d'accueil des patients au minimum. Le wali a également
constaté l'état de délabrement avancé des bâtiments de l'hôpital et a instruit
le DSP de lancer une expertise de tous les bâtiments de cet établissement et
s'est enquis de l'état d'avancement des projets de réhabilitation de certains
pavillons et du réseau d'assainissement.
Selon les explications fournies sur place, les chantiers de réfection du bloc administratif et du réseau d'assainissement ainsi que la réalisation d'un poste transformateur électrique ont atteint un taux d'avancement de 25%.
Le Quotidien d'Oran
Psychiatrie et toxicomanie 25 spécialistes seront formés en France (Samedi 10 Février 2007) Le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière est sur le point de réaliser un plateau technique au niveau de chaque hôpital psychiatrique. 25 spécialistes vont être formés en France en pédopsychiatrie. Outre les 10 centres de psychiatrie, 4 autres seront réalisés. L’autre préoccupation du secteur de la santé est la création d’un réseau de la prise en charge des victimes de la toxicomanie. Un système de réseaux articulés sur trois niveaux. Le niveau le plus bas concerne la création de 185 centres d’écoute à l’intention des jeunes potentiellement toxicomanes. Une action de prévention en direction de ceux qui sont tentés par la drogue au niveau des collégiens, des lycéens et des universitaires. Le deuxième niveau concerne la création de centres intermédiaires de traitement des toxicomanes à raison d’un centre par wilaya. Les grandes wilayas (Alger, Oran…) auront 32 centres chacune. Le troisième niveau concerne la création de centres régionaux de désintoxication, des centres au nombre de 15 localisés régionalement. Liberté
1re session de formation en pédopsychiatrie
Par : S. SOFI Le : samedi 02 décembre 2006 Le lancement de la
première session de formation des psychiatres en pédopsychiatrie et des
infirmiers a eu lieu hier au niveau de 12 structures sanitaires spécialisées,
identifiées comme ayant développé des actions spécifiques pour les jeunes
malades mentaux. Le coup d’envoi de cette session a été donné par M. Bouakaz,
directeur des services sanitaires, à l’EHS Mahfoud Boucebsi de Chéraga. EL MOUDJAHID - Edition Internet
Prise en charge des drogués en milieu carcéral La prison subit la toxicomanie Les travaux du séminaire consacré à la prise en charge des détenus toxicomanes en milieu carcéral, ont pris fin hier avec l’adoption de plusieurs recommandations devant servir de base à la stratégie de lutte contre ce fléau. Les participants à cette rencontre de deux jours, organisée par l’administration pénitentiaire en collaboration avec l’Unicef, ont insisté sur la nécessité du renforcement des structures de prise en charge des détenus toxicomanes non seulement à l’intérieur des établissements pénitentiaires, mais également à l’extérieur, pour permettre le suivi des détenus une fois libérés. Après un riche débat au niveau des trois ateliers techniques, les conférenciers, parmi lesquels se trouvaient des experts belges et français ont été unanimes à relever l’importance des campagnes médiatiques de sensibilisation sur les dangers de la drogue, mais aussi sur l’urgence d’une stratégie de développement des infrastructures socio-culturelles et sportives destinées aux jeunes. L’atelier consacré aux facteurs qui poussent les jeunes à se droguer, a clôturé ses travaux avec six propositions : l’interpellation des familles pour les sensibiliser sur le rôle social qu’elles doivent assumer, la maîtrise de l’expansion urbanistique dans le but de promouvoir l’équilibre régional dans le développement, le renforcement des mécanismes d’orientation sociale et éducative, la prise en charge des jeunes exclus du système éducatif à travers la multiplication des chances de formation professionnelle, la promotion de la prévention dans les milieux éducatifs et les médias, l’unification des efforts du mouvement associatif et des infrastructures étatiques dans la prévention, le renforcement des cellules d’écoute dans les établissements pénitentiaires et à l’extérieur, dans les centres hospitaliers, l’installation rapide d’équipes médicales pluridisciplinaires pour recevoir, écouter, orienter et traiter les toxicomanes que ce soit au niveau des prisons ou à l’extérieur et, enfin, la nécessité de contrôler plus sévèrement les réseaux de distribution des psychotropes à travers une réglementation plus répressive. Les participants au deuxième atelier consacré à la prise en charge des toxicomanes en milieu carcéral, ont pour leur part appelé à une formation spécialisée pour les psychologues, psychiatres, éducateurs, infirmiers et assistants sociaux, la création d’équipes pluridisciplinaires agissant dans les prisons, coordonner les efforts entre les équipes de prise en charge en milieu carcéral et celles se trouvant à l’extérieur pour permettre la continuité du traitement du détenu toxicomane, la création d’espaces d’activité culturelle, sportive et éducative dans les prisons et enfin la création de cellules pluridisciplinaires de coordination, de suivi et d’évaluation des détenus toxicomanes. Les conférenciers ayant participé au débat sur les moyens et mécanismes de réinsertion sociale des détenus drogués, ont pour leur part insisté sur le renforcement de la coordination entre les secteurs de la justice, la santé et l’éducation pour faire face à la délinquance juvénile et assurer une meilleure prise en charge des détenus toxicomanes, le développement des structures d’accueil pour les détenus malades une fois libérés, la nécessité de coordonner les efforts entre l’administration pénitentiaire et la santé pour le suivi du traitement du détenu une fois à l’extérieur de la prison et l’encouragement de la recherche scientifique dans le but de trouver de nouveaux moyens de lutte et éviter le recours aux psychotropes. Ce sont là les principales recommandations remises à l’administration pénitentiaire à la fin des travaux du séminaire. Mokhtar Fellioune, directeur général de l’administration a déclaré à la fin du séminaire que ces recommandations vont servir de base de travail dans la stratégie de prise en charge des détenus toxicomanes, en relevant toutefois, que la lutte contre ce fléau n’est pas uniquement du ressort de l’administration pénitentiaire qui le subit de plein fouet, mais de toute la société. « Nous sommes face à un grave problème de santé publique, un phénomène ravageur qui se propage rapidement en détruisant les franges les plus jeunes. Il est donc urgent de mettre en place un dispositif pour lutter contre ce fléau, sensibiliser les jeunes non seulement contre ses conséquences sur leur santé, mais aussi le risque pénal qu’ils encourent. C’est un grand défi que nous ne pouvons réaliser que si la société civile, les spécialistes et les structures concernées conjuguent leurs efforts pour combattre toutes les formes de toxicomanie... », a conclu M. Fellioune avant de clore le séminaire. Reste à savoir si ces recommandations vont être concrétisées sur le terrain ou tout simplement remises aux calendes grecs comme cela a été le cas pour les nombreuses autres qui les ont précédées. El Watan 15 novembre 2006
150.000 malades mentaux en Algérie
Quelque 30 mille malades mentaux sont soignés dans des hôpitaux universitaires, des centres spécialisés et dans les secteurs sanitaires, a souligné le docteur Nacéra Magi, vice-directeur chargée de la santé mentale au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, à la veille de la célébration de la journée mondiale de la santé mentale. S’appuyant sur des donnés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Magi a estimé le nombre des malades mentaux en Algérie à 150 mille, notamment dans les grandes villes. Le docteur a indiqué dans le même contexte que «le ministère de la Santé a redynamisé le programme national de prise en charge de la santé mentale pour les 4 années prochaines (2006-2009) et l’ouverture de nouveaux centres de proximité et des services au niveau des secteurs sanitaires afin de rapprocher la santé des citoyens et de soulager les familles atteintes par cette maladie, tout en dotant les wilayas de Sidi Bel-Abbès, Mostaganem, Batna et la daïra de Sour El-Ghozlane de 444 lits, qui s’ajoutent à 4.722 autres existants au niveau national». «Le taux de 1,43 lit pour 10 mille habitants s’avère insuffisant au niveau national et le ministère prévoit au titre du programme national de doter les secteurs sanitaires de lits d’urgences pour alléger la pression sur les grands centres hospitaliers», a indiqué le docteur. Concernant les médecins spécialistes, Mme Magi a affirmé que le pays compte 378 médecins spécialistes, soit 1,13 pour 100 mille habitants, et 2.128 infirmiers, soit 6,44 pour 100 mille habitants, estimant que «ce chiffre ne couvre pas les besoins des populations dans cette spécialité et que le ministère a formé des médecins généralistes et des paramédicaux dans 108 centres intermédiaires à travers 46 wilayas pour la prise en charge des malades». En ce qui concerne les malades mentaux qui vagabondent dans les grandes villes, le docteur Magi a souligné que «leur prise en charge demande la coordination des efforts des ministères de l’Intérieur, de la Solidarité nationale et de la Santé publique». Le ministère de la Santé a élaboré une directive à caractère juridique portant sur la prise en charge des malades mentaux en situation de vagabondage, mais elle ne sera opérationnelle qu’après leur recensement par les communes, a-t-elle indiqué. Concernant les médicaments destinés à ces malades notamment les calmants, le docteur a souligné qu’ils «sont offerts gratuitement au niveau des hôpitaux, affirmant des interruptions momentanées, mais le nouveau programme vise à réorganiser leur distribution et les rendre disponibles dans l’ensemble des centres». De son côté, le professeur Farid Kacha, le chef de service des maladies mentales à l’hôpital psychiatrique de Cheraga, a indiqué que 30 à 40% des cas de suicide en Algérie sont dus aux dépressions nerveuses. Selon les données pathologiques, le taux de suicide en Algérie est de 2 sur 100.000 habitants notamment chez les hommes d’un âge avancé, et ceux qui souffrent des problèmes de la solitude, des problèmes sociaux, de l’anxiété et des troubles de la personnalité. Pour les tentatives de suicide, le professeur Kacha dira que ce phénomène dépasse de 15 fois les cas de suicide soit 34,1 sur 100.000 personnes chaque année notamment chez les adolescents. Selon le même spécialiste, «les personnes âgées et les adolescents sont les plus exposés aux dépressions et au suicide faute de soutien familial, d’écoute et de prise en charge». «76% des cas de suicide en Algérie sont enregistrés chez les adolescents dont les trois quarts chez les femmes et 6% chez ceux qui récidivent après une tentative», a affirmé le professeur Kacha qui cite une enquête élaborée en collaboration de collègues. L’adolescent est «souvent fragile de personnalité et sensible face aux échecs et aux dépressions, ce qui l’incite à se suicider» en utilisant différents moyens, notamment les produits chimiques comme les détergents nocifs, avant de recourir en dernier ressort à se couper les veines», a poursuivi M. Kacha. Synthèse : R. N. Le Quotidien d'Oran 10 octobre 2006
Maladies mentales : Par : Sarah SOFI Le : samedi 26 août 2006
M. Amar Tou a présidé, hier-matin au siège
de son département ministériel, une journée de présentation du Programme
national de santé mentale, qui a bénéficié d’une enveloppe financière 6,6
milliards de dinars. A cette occasion, il a mis en exergue l’importance de ce
dossier tout en insistant sur le dispositif de prise en charge des soins
psychiatriques dans les CHU, les EHS et les secteurs sanitaires. El Moudjahid
Les chiffres fous de la folie en Algérie
Tout en rassurant sur la gratuité et la disponibilité des médicaments, le ministre de la Santé a affirmé que les personnes souffrant de maladies mentales seront totalement prises en charge. Création de nouvelles structures d’accueil et formation complémentaire pour médecins et infirmiers en psychiatrie sont les axes essentiels du programme du ministère pour les 3 prochaines années. 6,6 milliards de dinars sont nécessaires à la concrétisation de ce programme national de santé mentale. Le constat des 5 dernières années, établi par le ministère de la Santé, fait ressortir des insuffisances, notamment le déficit en lits d’urgence dans les hôpitaux psychiatriques, les ruptures de stocks fréquentes en médicaments psychotropes dans les services spécialisés et dans le officines, notamment. Amar Tou, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, qui a présenté le programme, hier, au siège de son département, a mis l’accent sur la formation « ciblée » de médecins généralistes et de personnels paramédicaux qui seront formés pour renforcer les rangs du personnel spécialisé. L’objectif étant d’atteindre en 2009, selon ce programme, un ratio de 1,55 psychiatre pour 100.000 habitants (actuellement il est à 1,43) et de 8 infirmiers pour 100.000 habitants. Un total de 378 psychiatres et 2.128 infirmiers exercent actuellement dans le secteur de la santé mentale. Ces nombres sont appelés à augmenter par la mise en place en octobre prochain de courtes formations pour les généralistes et infirmiers désirant prendre part à ces formations. Le nombre de psychiatres sortant de l’université, annuellement estimé entre 30 et 40, ne peut couvrir les besoins de l’ensemble des structures que compte réaliser le ministère de la Santé. Cette formation complémentaire devait concerner 400 médecins généralistes qui seront chargés du traitement des affections mentales les plus fréquentes, est-il signalé. La mise en place du Certificat d’étude spécialisé (CES) de psychiatrie infanto-juvénile est également prévue pour la formation de 120 médecins dans cette spécialité. Le recours à ces formations vient accompagner la réalisation de nouvelles structures hospitalières spécialisées. Ce sont pas moins de cinq établissements de ce genre (EHS), totalisant 440 lits, qui viendront renforcer les structures existantes. Les travaux de deux d’entre eux sont achevés à Sidi Bel-Abbès et Mostaganem avec 120 et 80 lits, alors que ceux de Batna, Sour El-Ghozlane et Ouargla sont en cours de réalisation. Egalement prévue, la création de 16 services psychiatriques de 10 à 30 lits dans les hôpitaux des secteurs sanitaires non dotés de lits de spécialité. Pour ce qui est des statistiques de l’année 2005, il est indiqué que les affections mentales touchent 26.307 personnes. Les affections les plus répandues étant la psychose avec 13.480 cas (51,24%), l’épilepsie 10.052 cas (38,21%), la dépression 1.560 cas (6,76%). Ensuite vient la névrose avec 753 cas (2,86%), et enfin la démence avec 102 cas (0,38%). La prévalence des maladies mentales dans la population générale, selon une enquête faite en 2002 sur la santé de la famille, est estimée à 0,5%, soit un total de 150.000 personnes qui sont atteintes. Pour les épileptiques, ils représentent 0,2% de la population générale, soit 63.000 cas. S. E. K Le Quotidien d'Oran Dimanche 27 août 2006
Edition du Dimanche 27 Août 2006 La folie progresse en Algérie 26 307 nouveaux cas de psychose, névrose et dépression en 2005 Une enquête menée par le programme
national de santé mentale fait ressortir un déficit Parent pauvre de
tous les programmes de santé mentale de par le monde, la psychiatrie est une
spécialité marginalisée, quand bien même elle prendrait en charge de plus en
plus de malades. Saïd Ibrahim
Nouvelles structures hospitalières psychiatriques El Moudjahid Le : samedi 26 août 2006
Pour pallier les insuffisances, le
Programme national de santé mentale, qui nécessite une enveloppe budgétaire de
6,6 milliards de dinars, prévoit d’atteindre d’ici à 2009 les ratios de 1,5 lit
pour 10.000 habitants, de 1,55 psychiatre pour 100.000 habitants et 8
infirmiers en soins psychiatriques pour 100.000 habitants.
Sur les 15 000 recensés Un millier de malades mentaux dans les rues Au moins un millier de malades mentaux circulent librement dans les rues de la capitale », affirment des sources proches de l’administration de la wilaya d’Alger. D’après ces mêmes sources, le nombre de malades mentaux recensé dans la capitale tournent autour de 15 000. La plupart d’entre eux sont, actuellement, internés. « Au dernier recensement de la population effectué en 1998, le nombre de personnes atteintes de handicaps mentaux étaient de moins de 14 000 », rappellent nos sources. Et d’ajouter : « Pour l’heure, nous ne pouvons faire que des estimations approximatives en raison de l’absence de chiffres officiels récents. Il reste que l’estimation faisant état d’un millier de malades mentaux en liberté reste la plus plausible. » Il y a lieu de signaler, au passage, que l’Algérie est, aujourd’hui, l’un des rares pays où un grand nombre de malades mentaux échappe à tout contrôle. Ce constat donne, en effet, à réfléchir d’autant que bon nombre de ces malades sont violents. Les agressions physiques perpétrées par les personnes atteintes de troubles psychologiques sur les passants, notamment les femmes, sont trop fréquentes pour passer inaperçues. Les réactions imprévisibles des malades mentaux circulant dans les rues peuvent déraper vers de véritables crimes. Il y a moins de 2 ans, une femme âgée a été tuée à coup de barre de fer par un fou dans les environs de la commune de Bachedjarah. Un tragique événement qui risque de se répéter à l’avenir au vu du nombre de plus en plus élevé de malades mentaux qui sillonnent les rues de la capitale. « Les malades mentaux qui circulent dans la capitale appartiennent, en fait, à deux catégories. La première est celle des malades ayant des familles et qui peuvent donc rentrer chez eux où être récupérés par leur famille. La deuxième catégorie, par contre, est celle des sans domicile fixe qui n’ont d’autres demeures que la rue », expliquent nos sources. Et de préciser : « De nombreux malades viennent d’autres villes du pays, ce qui explique, en partie, l’évolution de leur nombre au niveau de la wilaya d’Alger. » On nous informe, par ailleurs, que l’évolution du nombre de personnes atteintes de troubles psychologiques est également liée aux événements ayant marqué le pays durant la dernière décennie. « Le nombre de personnes affectées psychologiquement durant les années 1990, en raison des événements tragiques qu’a connus le pays, a connu une augmentation considérable », soulignent nos sources. Il y a lieu d’ajouter, en outre, que les nombreux problèmes sociaux vécus par les Algériens durant ces dernières années ont eu des effets dévastateurs sur bon nombre de personnes. Nous sources informent, justement, que « la majorité écrasante des malades mentaux recensés dans la capitale est âgée de 20 à 60 ans. La plupart d’entre eux sont manifestement devenus malades à l’âge adulte, ce qui démontre l’influence des facteurs sociaux et autres facteurs externes sur les raisons de leur maladie. Le nombre de personnes souffrant de troubles psychologiques constatés dès l’enfance est, en revanche, très peu élevé ». Il est important de préciser que le nombre de personnes atteintes de maladies mentales n’a pas évolué au même rythme que les infrastructures censées accueillir ces personnes, ce qui explique le nombre élevé de malades errant dans les rues d’Alger. On nous informe, en outre, qu’une loi interdisant le vagabondage a été votée il y a quelques années, mais sans que cela se répercute sur le nombre de malades occupant les rues de la ville. Ces malades qui représentent, dans de nombreux cas, un véritable danger pour les autres et eux-mêmes risquent d’être encore plus nombreux si des actions concrètes ne sont pas prises. Ahmed G. El Watan 19 juillet 2006
Combattre la toxicomanie
Créée en décembre 2005, mue sans doute par les ravages et les méfaits de la drogue et des psychotropes qui ont déjà fait nombre de victimes, dans la wilaya de Médéa, et pour lutter contre ce fléau afin d’en prévenir les jeunes qui sont encore «sains», «l’Association S.O.S. Awham pour la protection contre la toxicomanie» se déploie sur le terrain. «Une association qui se donne comme objectif premier d’apporter l’aide et l’assistance nécessaires aux jeunes et moins jeunes qui en sont atteints, ainsi qu’à leurs familles», nous dira le docteur Yamina Benhadji, la présidente de cette jeune association, rencontrée lors de la «journée portes ouvertes» organisée dans ce sens, à la fin de la semaine qui vient de s’achever. Une manifestation d’information et de sensibilisation qui s’est tenue dans le vaste hall de la bibliothèque municipale, située à la place du 1er Novembre à Médéa, grâce au précieux concours de l’APC de Médéa. Et le docteur Yamina Benhadji d’ajouter: «ces actions d’information et de sensibilisation sur les méfaits de la drogue et des psychotropes seront dorénavant multipliées et se feront de façon régulière, et non plus conjoncturellement, car nous voulons faire prendre profondément conscience au plus large public possible, à commencer par la cellule familiale, de tous les graves dangers encourus par ceux et celles qui en consomment. Aujourd’hui, tout le monde sait que le toxicomane, particulièrement le jeune adolescent, est capable de perturber et déséquilibrer le noyau familial et, de là, toute la société. Il faut que tout le monde sache aujourd’hui, et une bonne fois pour toutes, que le toxicomane est avant tout un malade qu’il faut prendre en charge et soigner». Cette manifestation «portes ouvertes sur la toxicomanie et ses dangers» s’est caractérisée par un programme très riche qui a été très apprécié et attentivement suivi par les nombreuses personnes, hommes et femmes, filles et garçons, de tous âges, qui se sont déplacées sur les lieux. En effet, alors qu’elle était prévue à 16 h 00, la clôture de cette manifestation, utile à plus d’un titre, avait été repoussée à 20 h 00 devant l’afflux nombreux d’un public qui voulait davantage savoir et comprendre à travers les questions, aussi pertinentes que variées, posées et auxquelles les membres de «l’Association S.O.S. Awham» apportaient les réponses les plus explicatives et les plus convaincantes. En plus des nombreux panneaux exposés portant textes et dessins, et dont la teneur peut être résumée par «la drogue ne rend pas plus intelligent ni plus fort», «la drogue n’aide jamais à obtenir de bons résultats scolaires, ni à obtenir un travail et encore moins à être heureux», «consommer de la drogue, c’est se condamner à une mort atroce», «le seul moyen de parvenir à un monde meilleur, à atteindre ses objectifs, c’est de s’éloigner de la drogue»... Un programme dont le moment fort aura été sans conteste le témoignage poignant, enregistré sur vidéo et présenté au public, du frère aîné d’un jeune consommateur de stupéfiants (drogue et psychotropes). Un témoignage fait sans complaisance et d’une vérité toute crue, qui n’a pas laissé indifférente la nombreuse assistance parmi laquelle l’on avait noté un très grand nombre d’adolescents. Ce qui fera dire au docteur Yamina Benhadji: «je crois que le fait de voir pleurer, aujourd’hui, certaines personnes, surtout les mères de famille, nous renforce davantage dans notre action et nous ordonne de multiplier nos efforts pour la plus large sensibilisation possible, à travers la meilleure information, apte à amener les citoyens et les citoyennes de la wilaya de Médéa à adhérer aux objectifs de notre jeune association, indépendante et apolitique. Une adhésion à travers une aide, surtout morale, et une présence effective à nos côtés». Rabah Benaouda Le Quotidien d'Oran 17 juillet 2007
Tizi-Ouzou - Maladie Mentale : 2% de la population globale est psychotique - Le soir d'Algérie - Algérie - 22/06/2006 La maladie mentale est l’une des pathologies les plus dramatiques et plus préoccupantes dans la région de Tizi-Ouzou. La psychiatrie n’a bénéficié d’aucune structure depuis la création en 1972 de la “Cité psychiatrique”. L’association des parents et amis des malades mentaux qui a organisé deux journées portes ouvertes sur la maladie, les 20 et 21 juin, a brossé un tableau très peu reluisant de la situation du malade, en matière de prise en charge que de son insertion en milieu social et professionnel. La maladie mentale est l’une des
pathologies les plus dramatiques et plus préoccupantes dans la région de
Tizi-Ouzou. La psychiatrie n’a bénéficié d’aucune structure depuis la création
en 1972 de la “Cité psychiatrique”. L’association des parents et amis des
malades mentaux qui a organisé deux journées portes ouvertes sur la maladie, les
20 et 21 juin, a brossé un tableau très peu reluisant de la situation du malade,
en matière de prise en charge que de son insertion en milieu social et
professionnel.
Sidi Bel-Abbès se dote d’un établissement hospitalier spécialisé
Le nouvel hôpital
psychiatrique mis en service La Voix de l'Oranie
HUIT PRATICIENS ONT QUITTE L’ETABLISSEMENT L’hôpital de Sidi Chahmi se vide de ses psychiatres
B. Mokhtaria L’hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi se vide de ses psychiatres. Le personnel médical tire la sonnette d’alarme. Entre l’année 2000 et 2006, huit psychiatres ont quitté cet établissement sans être remplacés. Actuellement, ils sont cinq médecins spécialistes pour plus de quatre cents malades hospitalisés. Un nombre très réduit qui ne peut pas assurer la couverture médicale de tous ces patients, selon un membre de la coordination syndicale de cet hôpital. Le même syndicat précise qu’«en 2001, deux psychiatres ont quitté l’établissement pour s’installer ailleurs. En 2003, deux autres praticiens ont demandé des mutations. En 2004, un autre médecin spécialiste est parti pour ouvrir un cabinet privé, tandis que trois autres sont actuellement en congé de maladie depuis des mois». La situation risque de devenir dramatique d’ici quelques mois, la tutelle ne prendrait pas des mesures pour renforcer le personnel médical. Le même interlocuteur explique que «d’ici quelques mois, l’établissement risque de se retrouver avec trois psychiatres seulement, étant donné que d’autres départs sont annoncés». «Dans ces conditions, il sera difficile pour un hôpital, qui a une vocation régionale, de prendre en charge ces patients qui nécessitent une prise en charge spéciale». Ce problème a été soulevé au niveau de la direction générale lors d’une réunion tenue dimanche par les membres du conseil médical. Ces derniers ont donné un délai d’un mois pour renforcer le personnel. Dans le cas contraire, la coordination syndicale menace de recourir à la grève pour se faire entendre. Pour le directeur général de cet hôpital, il y a effectivement, un manque d’effectifs que ce soit pour le personnel médical, psychiatres, ou le personnel paramédical. «Nous avons saisi l’administration centrale concernant ce problème et nous attendons toujours la mise en place de l’effectif budgétaire pour l’année 2006. En 2005, nous avons bénéficié de trois postes budgétaires que nous n’avons pas pu placés». Et d’ajouter, «l’établissement fonctionne avec deux maîtres assistants, trois médecins spécialistes et trois généralistes ainsi que cent paramédicaux. Un nombre très insuffisant pour un hôpital qui prend en charge des malades atteints d’une pathologie lourde et qui enregistre une moyenne de dix admissions par jour pour une durée d’occupation qui peut aller jusqu’à 89 jours. S’il y a des autorisations de sortie pour les malades, ces derniers retournent souvent à l’ESH car, dans la plupart des cas, ils rechutent et, par conséquent, ils sont rejetés par leurs familles. Leur prise en charge coûte plus cher dans ces conditions». Parlant de l’état de cet établissement, le premier responsable de l’EHS Sidi Chahmi souligne que «la bâtisse de l’hôpital qui s’étale sur une superficie de 80 ha, se trouve dans un état vétuste. Toute opération de réhabilitation entreprise n’aboutit pas, vu que l’établissement n’a pas été construit selon les normes».
Le Quotidien d'Oran 5 avril 2006
2ème rencontre nationale de psychiatrie privée à Béjaïa «70% des dépressifs peuvent aller jusqu’au suicide» Dimanche 26 mars 2006 Par Kader Sadji Constituant un
prolongement de la 1re Rencontre consacrée au suicide, il y a deux années de
cela, la 2ème Rencontre nationale de psychiatrie d’exercice privé, ayant eu lieu
jeudi dernier à l’auditorium de l’université Abderahmane Mira de Béjaïa, a
traité le thème des aspects actuels de la dépression en Algérie. «Le choix de ce
thème s’explique par le fait que la dépression constitue aujourd’hui un problème
de santé publique en Algérie», explique de prime abord le docteur Bouchene
Farid, président de l’Association algérienne des psychiatres d’exercice privé.
Il ajoutera que la fréquence des cas de dépression commence à devenir important
en Algérie, en raison de la multiplication de facteurs liés à des événements
traumatisants : bouleversements socio-économiques, répercussions du séisme de
Boumerdès, inondations de Bab El Oued, terrorisme durant la décennie noire… «La
dépression est également plus importante parmi les personnes de faible niveau
social», a-t-il encore révélé comme pour insister sur la gravité de l’expansion
de cette maladie, d’autant que «70% des dépressifs peuvent aller jusqu’au
suicide», prévient notre interlocuteur. La Tribune 26 mars 2006
2e JOURNÉE NATIONALE DE LA PSYCHIATRIE À BÉJAïA La dépression toujours taboue ! Par : L. Oubira Avant d’atterrir dans un cabinet de psychiatrie, le patient, tabou oblige, consulte d’abord un… taleb. La dépression, une
maladie en mutation des temps modernes, a été le thème d’une étude et d’un débat
scientifique de la 2e journée nationale de la psychiatrie libérale organisée,
avant-hier, à l’auditorium de l’université de Béjaïa, par l’Association
algérienne des psychiatres d’exercice privé en collaboration avec l’Amicale des
psychiatres de Béjaïa. |