SOCIETE FRANCO-ALGERIENNE DE PSYCHIATRIE

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Dossier de presse : le suicide en Algérie

 

 

 

 

Revue de la Presse

 

 

 

Oran : La psychiatrie, les addictions et les psychotropes, thème d'un congrès international

Des intervenants au congrès international de psychiatrie,  placé sous le slogan "la psychiatrie, les addictions et les psychotropes", ont  appelé jeudi dernier à remplacer le terme toxicomanie par "addiction", mieux adapté,  selon eux, dans le processus de prise en charge thérapeutique des toxicomanies  liées aux troubles psychiatriques.        
Le Pr Farid Kacha, président de l'Association algérienne de psychiatrie  (SAP) et chef de service à l'hôpital "Mahfoud Boucebci" d'Alger, a indiqué que  le terme toxicomanie a une connotation péjorative et suggère une dimension répressive,  qui ne favorise pas, a-t-il estimé, l'adhésion du malade au processus de prise  en charge.         
"Dans le monde, on parle aujourd'hui d'addiction qui signifie la perte  de la liberté entraînant une dépendance aux médiateurs du plaisir et de la relation  que sont les drogues au sens large", a-t-il expliqué.         
Dans une déclaration à l'APS, il a inscrit ce congrès international qui  se tient depuis deux jours à Oran dans la dynamique de sensibilisation, aussi  bien des pouvoirs publics que de la société, aux phénomènes d'addiction aux  drogues, aux alcools, à la nourriture et à la sexualité.        
"C'est un effort qui vise à conforter le projet actuel du ministère de  la santé, de la population et de la réforme hospitalière qui prévoit, dans  un horizon de deux à trois années, la réalisation de 15 structures principales  de prise en charge des addictions et d'une cinquantaine de centres intermédiaires  pour les soins ambulatoires", a-t-il indiqué.        
Le Dr Ali Belakhdar, neuropsychiatre, membre de l'Association algérienne  des psychiatres d'exercice libéral (AAPEP) a, pour sa part, indiqué que ce congrès  international vise à débattre des voies et moyens permettant la prise en charge  des addictions.          
"40% des addictions au cannabis sont déclencheurs de troubles psychiatriques,  ce qui nécessite une réelle prise en charge impliquant l'adhésion aussi bien  du malade, de sa famille que de son environnement", a-t-il fait remarquer.         
Le congrès, qui s'est ouvert mercredi, est organisé à l'initiative de  la société franco-algérienne de psychiatrie (SFAP), de l'Association des  psychiatres d'Oran (APO) ainsi que de la SAP, et l'AAPEP, note-t-on.       
Cette rencontre a connu la participation de plusieurs spécialistes algériens  et étrangers dont des psychiatres invités de Tunisie et de l'hôpital "Sainte  Anne" de France. 

EL MOUDJAHID,

Rencontre sur la toxicomanie: «L'Algérie n'est pas à l'abri de cette épidémie mondiale.

par B. Mokhtaria

Les spécialistes en psychiatrie et en lutte contre la toxicomanie s'accordent tous sur un point: la consommation des drogues est en continuelle augmentation, du moment que tous les facteurs interactifs sont réunis.

La disponibilité du produit, les mutations sociales et l'apparition de la parabole et de l'Internet influent sur l'individu et le poussent vers ce que les spécialistes appellent «les médiateurs du plaisir» tels que les stupéfiants, l'alcool et le tabac. L'Algérie qui était considérée comme une zone de transit tend à se transformer progressivement en espace de consommation où les drogues dures telles la cocaïne, l'héroïne, l'extasie ont fait leur apparition, puisque, diront des spécialistes en psychiatrie, rencontrés jeudi lors du congrès international sur la psychiatrie, organisé par la société algérienne de psychiatrie (SAP) en collaboration avec la société franco-algérienne de psychiatrie (SFAP), l'association algérienne des Psychiatres d'exercice libéral (AAPEP) et l'association des psychiatres d'Oran (APO), «ces toxicomanes existent actuellement et nous en avons traité plusieurs cas».

L'Algérie n'est donc pas à l'abri de cette épidémie mondiale puisque, nous explique, M. Hakim Ali Lakhdar, spécialiste en neuropsychiatrie, «les saisies de drogues effectuées au niveau des frontières ne représentent que 10% des quantités écoulées». Qu'est-ce qui pousse les jeunes à consommer ces produits toxiques? Pour Mme Kourich Tsouria, professeur agrégé en psychiatrie, «ce sont les conditions sociales qui sont la première cause de ce fléau. Un jeune qui ne trouve pas de travail, qui n'a pas de logement, qui n'a aucun moyen de distraction et qui ne vit pas une vie stable, cherche automatiquement à échapper de ce vécu. A ses yeux, c'est la drogue qui lui permet d'oublier, pour un moment, tous ses problèmes». Son collègue, un spécialiste en neurologie, «la drogue touche, désormais, toutes les couches sociales. Elle est présente dans tous les quartiers, elle est consommée par des jeunes appartenant à la couche sociale la plus déshéritée et même ceux appartenant à la classe bourgeoise. Pour des raisons multiples, chacun cherche la pilule du bonheur».

Pour confirmer sa thèse, Mme Kourich se base sur une étude réalisée à l'EHS de Sidi Chami d'Oran et qui a fait ressortir que sur 1.100 cas de toxicomanie étudiés sur une période de 10 ans, 67% sont des jeunes chômeurs. Evoquant ensuite les difficultés rencontrées dans l'accomplissement de leur travail, les deux spécialistes racontent que dans leur cabinet de consultation, ils sont souvent confrontés aux dealers qui viennent demander une prescription de tranquillisants ou de psychotropes pour les vendre ensuite et aux toxicomanes qui viennent dans un état de crise, menacer le médecin pour lui prescrire ces produits. Sous la menace, certains prescripteurs sont contraints de faire des ordonnances à ces patients particuliers afin d'éviter les dégâts. Souvent, ce sont des dealers qui se font passer pour des patients en manque mais, en réalité, ils veulent juste acheter le médicament pour le vendre à 200 DA le comprimé. C'est le cas pour les tranquillisants Rivotril et Diazepam qui sont dangereux pour la santé et leur consommation provoque un effet immédiat d'overdose». Quant au Pr Farid Kacha, président de la SAP, il a indiqué, pour sa part, qu'actuellement on ne parle plus de toxicomanie mais d'addiction pour désigner tout abus dans la consommation d'un produit. Le mot toxicomanie est péjoratif, tandis que addiction sonne mieux chez le malade». Concernant le congrès international, il indique que cette rencontre se veut un moyen de sensibiliser les décideurs sur la prise en charge des addictés. Il annonce, dans ce contexte, que le ministère de la Santé envisage la réalisation, d'ici 3 ans, de 15 structures principales de prise en charge des addictions et une cinquantaine de centres intermédiaires pour les soins ambulatoires.

Le Quotidien d'Oran, 17 mai 2008

Ouverture aujourd’hui du Congrès international sur la drogue et la toxicomanie

L’ampleur du fléau inquiète les spécialistes

Le congrès international sur le problème des drogues et la toxicomanie se tiendra aujourd’hui et demain, à l’hôtel Sheraton.

Organisé conjointement par la Société franco-algérienne de psychiatrie (SFAP) et la Société algérienne de psychiatrie, Ce congrès aura pour ambition de rassembler les acteurs de plusieurs pays, reconnus pour leurs compétences dans ce domaine.

Il aura pour objectifs de favoriser les débats et échanges entre professionnels, de faire le point sur les liens entre addictions et maladies psychiatriques, de présenter les résultats les plus récents de la recherche et les perspectives thérapeutiques en développement. Cette manifestation aura également pour souci de mettre à la portée des participants des informations et des outils pratiques de diagnostic et de traitement au quotidien.

Les consommations de drogues sont certainement le reflet d’une société mais les comportements en matière de toxicomanie ne cessent d’évoluer. De plus en plus, le recours aux médiateurs du plaisir et de la relation que sont les drogues au sens large, tels que l’alcool, le tabac, le jeu d’argent mais aussi la nourriture et la sexualité se généralisent et constituent un véritable défi pour la politique, le juridique, le chercheur et le soignant.

Devant l’importance du phénomène, un certain nombre de pays se sont dotés d’institutions et de structures dédiées à la lutte contre les drogues et la toxicomanie. Considérée longtemps comme zone de transit, l’Algérie tend à se transformer progressivement en espace de consommation.

Elle vient de créer un office nationale chargé d’élaborer la politique nationale de prévention et de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Depuis, la prise en charge des toxicomanes fait l’objet d’une attention particulière par la multiplication des centres de traitement spécialisés.

En effet, plusieurs communications seront présentées par des psychiatres : Addictions et troubles mentaux, l’exemple du cannabis, prise en charge des schizophrènes, Pudding dans la maladie de Parkinson, Cannabis et accident vasculaire cérébral, traitement de la dépendance tabagique, le tabac : anti-hallucinatoire, etc.

Benchikh R.

14 Mai 2008,   L'Echo d'Oran

Prise en charge des maladies mentales Psychiatrie, le parent pauvre de la médecine ?
Par : T. Lakhal

Parent pauvre de la médecine, la psychiatrie ne peut pas soulager à elle seule toute la désespérance qui consume de son petit feu sournois toute la société du mal-être. Désespérée mais pas abattue, la corporation se bat dans l'anonymat et fait honneur à cet humanisme qui a choisi le pari des pauvres et des désarmés qu'on ne saurait éternellement cacher au risque de se déjuger.

Poignante émission de terrain, jeudi matin, sur les ondes de la Radio Bahia consacrée aux difficultés de la prise en charge de la pathologie mentale à Oran et par extension en Algérie. Intervention à chaud et unanime de la corporation: «Il est impossible de psychiatriser toute la détresse humaine», résume un praticien. Entendre par là également que «la prise en charge efficiente du trouble mental ne dépend pas de la seule structure hospitalière, mais tout aussi de l'environnement le plus immédiat, la famille et les proches notamment pour ne pas dire la société en entier». Au micro, chaque patient raconte sa petite histoire et surtout sa satisfaction d'être pris en charge comme il se doit. Infanticide, maladie, chômage, drogue, emprisonnement, divorce et rejet des autres... l'oubli et bien d'autres aléas de la vie sont avancés par les internés comme pour dire lucidement que la maladie n'est qu'un court intermède qui survient brusquement pour briser le cours normal d'une existence. «L'hôpital offre au moins à celui qui se sent perdu au milieu de son environnement des repères qu'il n'a pas ailleurs», avance un psychiatre qui n'ira pas jusqu'à affirmer que l'asile peut remplacer l'environnement naturel de l'interné. «De 1962 jusqu'à nos jours, 12.000 praticiens qui ont été formés, 4.000 seulement continuent à exercer la psychiatrie». «En 1962, l'Algérie comptait 10.000 lits, elle n'en compte que 4.000 lits», avance un praticien sur les mêmes ondes. Autant de comparaisons qui laissent comprendre que la psychiatrie est vraiment le parent pauvre de la médecine en Algérie.

En plus du problème de la surcharge évoqué par tous les intervenants, médecins et personnel paramédical de l'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi et de ses conséquences sur la prise en charge, la rupture de stocks de certains médicaments, essentiels dans le traitement de la maladie, a été également soulignée. «L'hôpital doit faire face aux cas les plus urgents. Le malade, agité ou présentant de réelles menaces pour lui-même ou pour l'ordre public, est acheminé via le pavillon 35 (urgences psychiatriques) à l'hôpital psychiatrique où il doit séjourner pour un moment, le temps d'être stabilisé. Une fois sorti, il est pris en charge en post-cure au niveau de la polyclinique de Ibn Sina (Victor Hugo) ou Eckmühl où il doit surtout s'approvisionner en médicaments notamment avec le modecad, un psychotrope administré mensuellement sous forme d'injection pour l'aider à se stabiliser. Voilà en raccourci le parcours normal d'un interné», explique l'animateur de l'émission. «Toutefois ce médicament, qui n'était pas disponible il y a quelque temps au niveau du dispensaire, a fait que nombreux patients ont rechuté. Comme si rien n'a été fait pour le malade», fera remarquer un paramédical du dispensaire de Victor Hugo. Et pourtant, ce psychotrope est aussi vital que l'insuline l'est pour le diabétique. Le dispensaire psychiatrique de Ibn Sina est trop exigu pour les 150 patients qui s'y rendent quotidiennement et pour le personnel qui fait ce qu'il peut pour venir en aide à tous ces patients pour la plupart de condition précaire et qui ne peuvent se permettre l'achat d'un psychotrope chez les officines de même usage à 16.000 dinars la boîte.

Un personnel tout de même dévoué et engagé dans un travail des plus harassants et surtout des visages apaisants et familiers à tous les patients et leurs proches. Ce dispensaire de l'avis de tous nécessite des réaménagements et ce n'est pas parce qu'il faut cacher ce genre de maladie qu'il est interdit de s'en soucier. Le directeur de la Santé de la wilaya d'Oran, en clôturant l'émission, ne disconvient pas face à tous les propos avancés; il dira «veiller à ce que les conditions de la prise en charge soient améliorées». Pour revenir à la psychiatrie, les statistiques sont affolantes et à chaque colloque ou journée scientifique qui lui est consacrée, on entrevoit le trouble mental comme une vraie menace sanitaire. «La société qui rejette cette maladie en lui conférant le sceau du préjugé de l'inimitié, en amont, ne favorise pas la seule prise en charge clinique», précise plus d'un praticien. Alors qu'on voit que les barrières entre le normal et le pathologique dans ses origines premières sont de plus en plus invisibles et minimes tant que les causes sont tout aussi sociales, à l'exemple du chômage ou de l'échec qui dévalorise l'image de la personne vis-à-vis d'elle-même. Un SDF qui vit dans la rue n'est pas forcément un malade qu'on doit soigner dans son âme mais bel et bien un marginal de la société qui l'a botté sur la touche. Un harrag qui s'en va, englouti par le mirage de ses propres illusions, peut à lui seul représenter le cas le plus typique de la désespérance d'un mélancolique qui, dans les propres termes de la psychiatrie, a perdu son intime objet d'amour. Manque de perspective, manque de repère, impossibilité de se projeter dans l'avenir, en un mot: défaut de feuille de route pour tracer les sillons de sa propre trajectoire. Voilà en somme les vrais maux de la société qui amplifient le plus souvent le désir du divorce avec le monde du réel. Le plus vieil interné de l'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi séjourne dans cet asile depuis 1957, toute une vie !

 

Le Quotidien d'Oran

19 avril 2008

RUSH SUR LES CABINETS DE PSYCHIATRES ET DE PSYCHOLOGUES
Une Algérie...schizophrène?
Enquête réalisée par Fouad IRNATENE  - Dimanche 16 Mars 2008

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La prise en charge hospitalière des maladies psychiatriques reste en deçà des besoins.

Présent compromis, avenir incertain...Les Algériens ne savent plus à quel saint se vouer. Fragilisés par la tragédie nationale dont les séquelles brûlent toujours, une crise sociale sans précédent...ils sont devenus des «abonnés», par excellence, des cabinets de psychiatres, et par ricochet, médecine psychosomatique...et des neuropsychiatres. «J’ai ouvert les yeux sur une illusion, un grand mensonge et une existence vaine», regrette un dépressif.
Une partie de cette frange peuple les rues de nos villes tandis que d’autres malades croupissent dans ces «asiles- mouroirs», avec une prise en charge défaillante.
Les spécialistes sont tous unanimes à dénoncer «le laxisme» des pouvoirs publics pour investir dans la mise en place d’une véritable politique de santé mentale. «Il est faux de croire qu’investir dans la santé mentale est synonyme de gaspillage», renchérit un éminent praticien exerçant à l’hôpital psychiatrique de Blida.
Ces malades qui, jadis, opposaient un niet catégorique à toute consultation de ce genre, de peur d’être pris pour des aliénés, voire des «fous», croient également aux différentes méthodes verbales qu’utilisent les psychologues. «Les mots guérissent-ils des maux?». Dur comme fer, une grande partie des patients rencontrés y croit.

Un psychiatre pour 60.000 habitants!
La santé mentale n’est pas au beau fixe. Le constat est accablant. Les statistiques communiquées laissent les observateurs perplexes. Un Algérien sur dix souffre de traumatismes psychiques mais surtout de dépressions nerveuses.
Les maladies mentales sont en constante progression, avec une ascension particulière pour la schizophrénie. Selon les expertises établies au niveau hospitalier, pas moins de 150.000 Algériens sont schizophrènes. La gravité du phénomène donne le tournis aux médecins spécialistes. Cette pathologie, rare, qui se caractérise par l’apparition du délire, par un repli sur soi et une désorganisation importante de la pensée avec altération de la perception, prend de l’ampleur. «Pas moins de 1% de la population adulte en Algérie est appelée à devenir schizophrène dans les prochaines années.» Tirant la sonnette d’alarme, un psychiatre exerçant près de la Grande Poste d’Alger précise que «sauf miracle, les personnes atteintes sont condamnées à vivre sous traitement le reste de leur vie». Interrogé via le Net, un professeur en psychiatrie travaillant à l’est du pays insiste sur le problème de rechutes. «Ces rechutes sont d’autant plus graves qu’elles compliquent le handicap du malade», a-t-il expliqué. Et de préciser que «les schizophrènes occupent 60% des lits psychiatriques de l’hôpital.» Il enfonce le clou en précisant que 10 à 13% des personnes atteintes décèdent par suicide. Le nombre de tentatives oscille entre 20 et 50%, enchaîne le praticien. La prise en charge hospitalière de ces maladies psychiatriques reste en deçà des besoins. Seulement 5000 lits pour 500 psychiatres sont disponibles. Chaque praticien doit prendre en charge 60.000 habitants.
En Tunisie, un psychiatre s’occupe seulement de 5000 citoyens. Un grand fossé entre les deux pays. Devant cette déficience, une question s’impose: les médecins spécialistes peuvent-ils répondre à ce rush des patients dépressifs, anxieux... et insomniaques? Ce manque de spécialistes, les psychiatres notamment, serait une des raisons de cette hausse du nombre des dépressifs.
Ces dépressions qui, au fil du temps, atteignent un stade avancé. On évoque que sans une prise en charge adéquate, le sujet dépressif, en dépossession de ses moyens de réflexion, recourt à la solution fatale: le suicide. «120 dépressifs mettent fin à leurs jours chaque année», poursuit notre vis-à-vis.
Ce chiffre explique la recrudescence de la violence dans certaines villes, car un sujet dépressif devient incontrôlable. «Les auteurs de vols et agressions enregistrés quotidiennement à Alger sont des jeunes drogués et dépressifs», a-t-on appris de la direction générale de la Sûreté nationale (Dgsn).
Plus précis, un psychiatre travaillant à Béjaïa, contacté par L’Expression, estime que «76% des cas de suicide en Algérie sont enregistrés chez des adolescents dont les trois quarts sont des filles et 6% chez ceux qui récidivent après une tentative.» Et d’enchaîner: «Ce sont souvent des sujets fragiles de personnalité et sensibles face aux échecs et aux dépressions, ce qui les incite à se suicider.»

Une mémoire traumatique...anxieuse
Indélébile. La tragédie nationale est encore gravée dans la mémoire des Algériens. Le souvenir est amer. Les témoignages recueillis confirment la donne. Les massacres de Bentalha, à titre d’exemple, sèment encore la psychose chez une population affaiblie. Une récente enquête menée par le Centre de soins psychologiques de cette ville, a relevé que 73% des enfants ont vécu un traumatisme durant le quinquennat 1995-2000. Des milliers d’autres victimes n’ont pas eu la chance de consulter des psychologues. Leurs maux sont plus profonds. La prévalence de cette maladie due à plusieurs traumatismes, enregistre une moyenne inquiétante.
Le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière l’a évaluée à plus de 20%. Figurant parmi les 25% de victimes du terrorisme devenus dépressifs, une dame de 56 ans relate ainsi son drame: «Mes deux enfants se sont suicidés il y a 6 ans, (en mars 2002) se pendant à l’aide de fil de fer attaché à un arbre.» Elle ronge son frein avant de poursuivre, péniblement: «Ce sont deux diplômés auxquels la chance a tourné le dos. Sans emploi, ils ont rejoint les Groupes de légitime défense(GLD). Ils ont été lâchement égorgés une nuit de...» Les mots lui échappent.
La réalité est pathétique. Cependant, cela ne représente que la partie visible de l’iceberg. Car les souffrances des rescapés de la guerre de Libération nationale sont incommensurables. Ceux-ci vivent au ralenti. «Comme si en passant le doigt ou en palpant une cicatrice dont les bords s’étaient refermés, on sentait un suintement, qui se transforme peu à peu en une plaie purulente, qui finit par s’écouler de plus en plus abondamment, sans que l’on puisse l’arrêter», a écrit l’Algérienne Maïssa Bey, dans l’un de ses derniers livres. Voilà ce qui se passe lorsque la mémoire remonte à la surface.
Plusieurs milliers de personnes, certaines sources concordantes parlent de 300.000, souffrent d’état post-traumatique lié à cette guerre. Cependant, le silence demeure total autour de ce problème. Quelles sont les raisons de ce mutisme?
Les psychiatres et leurs patients semblent porter une chape de plomb par leur silence. «Il est mal vu d’évoquer les souffrances auxquelles ont dû faire face les Algériens», explique un psychiatre exerçant au CHU Mustapha-Bacha. «Après l’Indépendance, on évitait de parler de traumatisme. C’était un véritable dilemme: comme si on devait éviter de nuire à l’autre ou de dire ce qui fâche», poursuit sa collègue. La mémoire traumatique souffre de l’anxiété et...des dépressions.
On se demande ce que sont devenus ces troubles quatre décades plus tard. Les salles archicombles des hôpitaux spécialisés, les rues...renseignent de l’ampleur du phénomène. Ne pouvant oublier les massacres qu’a commis la France en Algérie, plusieurs centaines de vétérans se réveillent régulièrement en sursaut. Certains souvenirs sont inoubliables de par leur horreur. «La mémoire traumatique est extrêmement complexe. Les vétérans vont bien en apparence. Cependant, quelques dizaines d’années plus tard, à la faveur d’un évènement marquant, d’un décès... les phénomènes ressurgissent», résume un psychiatre. Et d’ajouter: «C’est souvent lors d’une consultation pour d’autres troubles que l’on découvre un traumatisme lié à la guerre de 1954.» En véritable témoin, un vétéran affirme: «J’ai souvent à faire à ce genre de traumatismes, même si les gens n’en parlent pas spontanément, gênés par la culpabilité, la pudeur et la honte.» Certes, ils sont plusieurs centaines qui demeurent réticents et refusent de consulter des médecins spécialistes. Le regard de la société met cette frange dans la gêne.
Quel état des lieux de la prise en charge de ces souffrances post-traumatiques peut-on dresser aujourd’hui? «On est sur la bonne voie quant à la connaissance de réactions psychologiques post- traumatiques.»
En sus de ces traumatismes, les Algériens ont été terrifiés, ces quinze dernières années, par une série de tueries, par le terrorisme routier, les inondations...ainsi que les tremblements de terre. Cette frange en souffrance a-t-elle droit à des consultations spécifiques? «Ces centres de consultation ont été créés autour d’Alger, dans toutes les zones où il y a eu des traumatismes psychologiques», nous répond un professeur. Les psychiatres militent pour le lancement d’une étude épidémiologique et pour l’accès à des consultations gratuites. Les Vet Centers ouverts aux Etats-Unis, au profit des «vétérans» du Vietnam sont un exemple à suivre.
Devant cette situation peu reluisante dans laquelle s’embourbent les «miraculés» de la guerre de Libération et du terrorisme, il convient de préciser que le devoir de mémoire ne relève pas seulement d’un impératif moral. Il procède, dans bien des cas, de l’obligation thérapeutique afin de permettre à ceux qui ont vécu ces événements douloureux de se libérer du poids de leur passé.

Dix ans après le massacre de Bentalha

73% des enfants ont vécu un traumatisme

Le 23 septembre 1997, l’Algérie s’est réveillée sur une horrible boucherie. Un groupe de terroristes s’est attaqué avec une violence inouïe aux habitants de Bentalha, situé entre Baraki et Sidi Moussa, à l’est de la capitale. Les témoignages des rares rescapés ont bouleversé le monde.

Dix ans plus tard, ceux qui ont survécu à cette tragédie continuent de souffrir du lourd traumatisme psychologique. Pour évaluer les séquelles post-traumatiques de ce drame, le centre de soins psychologiques de Bentalha, créé en début de 1998 par la Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche (Forem), a fait le bilan d’une décennie de prise en charge. L’évaluation de cette thérapie concerne 120 adultes et 413 adolescents et montre que 73% des enfants ont vécu un traumatisme entre 1995 et 2000. Pour 39% des cas, l’origine est liée à des actes terroristes, 28% des cas au décès du père (directement ou indirectement lié au terrorisme) et 26% des cas à l’assassinat du père. Il est important de relever que 54% de l’échantillon fréquentent toujours les collèges et 56% ont un âge moyen de 15 ans. Ces adolescents sont dans 62% des cas des orphelins de père et 9% de mère, et dans 91% des cas sont dans une extrême pauvreté et vivent grâce au programme d’aide dans le cadre du parrainage des orphelins (un millier d’orphelins ont été parrainés dans ce cadre). Les spécialistes ont montré que 51% des adolescents, soit 211, suivis au centre souffrent de post-traumatisme, dont 39% des cas sont dans une mauvaise situation, et 24% des cas ont une mauvaise estime de soi. Pour ce qui est des 120 adultes pris en charge, les statistiques montrent que 47% présentent des traumatismes psychologiques dont la principale cause est dans 86% des cas la perte du mari. Il est également fait état de 46% des cas âgés entre 36 et 55 ans qui sont toujours atteints du stress post-traumatique et 83% de ces derniers sont des chômeurs. Des chiffres qui font très peur dans la mesure où ces enfants et adultes souffrent encore, dix ans après le massacre de Bentalha, de profonds traumatismes psychologiques, alors que parallèlement des milliers d’autres victimes n’ont pas eu la chance de consulter des psychologues. La prévalence de cette maladie due à un ou plusieurs traumatismes enregistre une moyenne inquiétante, indiquent les spécialistes, en rappelant que le ministère de la Santé l’a évaluée à plus de 20%, notamment dans les régions les plus touchées par le terrorisme comme Médéa, Aïn Defla, Relizane, Chlef et Saïda, alors que dans le monde, elle est comprise entre 1 et 9%. Lors de ce colloque, un témoignage poignant d’une jeune fille, Djazia, ayant été grièvement blessée par l’explosion d’une bombe dans un bus à Sidi Moussa durant les années 1990. Djazia avait, il y a quelques années, témoigné dans un documentaire de feu Azzedine Meddour intitulé Douleur muette et consacré aux enfants victimes du terrorisme. Djazia, qui a décroché son bac cette année, déclare être sortie d’une longue et douloureuse épreuve grâce à la thérapie psychologique dont elle a bénéficié. D’autres jeunes ayant survécu au massacre sont pris en charge au centre de soins de Bentalha. Le professeur Khiati, président de la Forem, relève que la souffrance due à ces traumatismes est plus ressentie chez les adultes que chez les enfants, en précisant avoir enregistré deux cas de suicide parmi les malades traités, alors que la fréquence de ce mal est plus présente chez les jeunes, à raison de 51% des cas contre 47% chez les adultes. Pourtant, les adultes sont les plus nombreux à en souffrir avec 38% des cas qui ont une mauvaise estime de soi, contre 24% pour les adolescents. Peut-être parce que les adultes sont plus conscients du mal qui les ronge ou des événements qui détruisent une partie d’eux-mêmes. Les spécialistes ont appelé à la continuité dans la prise en charge et surtout sa généralisation à travers les autres régions du pays.

Salima Tlemçani

El Watan 24 septembre 2007

Etablissement psychiatrique de Oued Aïssi

Forte pression sur l’hôpital

L’hôpital spécialisé en psychiatrie, Fernane Hanafi, de Oued Aïssi (EHS), distant de 10 km de la ville de Tizi Ouzou, suffoque sous la forte affluence des wilayas limitrophes.

Cet établissement à vocation régionale accueille les patients des wilayas de Boumerdès, Bouira et de Béjaïa, en plus de ceux de Tizi Ouzou. Le service consultation enregistre une moyenne de 150 visites par jour, selon un praticien. Faute de places, des malades nécessitant un séjour à l’EHS se voient accorder une ou deux journées d’observation seulement ou carrément renvoyés chez eux. « Parfois, les patients sont triés et l’on ne retient que les cas les plus urgents », avoue un infirmier. D’une capacité de 330 lits, ouvert en 1972, l’EHS ne peut plus satisfaire une population de handicapés mentaux de plus en plus croissante. Le nombre total de cette catégorie de malades s’élève à 11 226 patients, selon les chiffres de la direction de wilaya de l’action sociale. Sur les cinq pavillons que compte l’EHS, un seul est affecté aux femmes. Le service « fermé » est mixte et il est destiné à des patients spécifiquement violents. Des indiscrétions font état du placement de « certains névrotiques dans la même chambre que d’autres malades ». L’on indique par ailleurs que les quelque 400 employés que compte l’EHS sont insuffisants. A l’exception des consultations quotidiennes, les admissions en pédopsychiatrie ne sont pas assurées. Cet état de fait pénalise les parents des patients. Ces derniers sont pour la plupart issus des milieux défavorisés. Les familles qui sont confrontées à ce genre de problème éprouvent d’énormes difficultés à s’occuper de leurs parents malades. Déplacer un malade ou lui rendre visite, pour les gens éloignés, s’avère onéreux et compliqué. A ce propos, un responsable administratif déclare que « c’est aux élus locaux et aux pouvoirs publics de faire quelque chose pour l’ouverture de nouveaux établissements de ce genre ». La pression exercée sur l’EHS de Oued Aïssi influe négativement sur la qualité d’accueil et des soins fournis aux malades. Un jeune, dont le frère était atteint d’une dépression quelques mois après sa sortie du service national, s’insurge : « Quand j’ai ramené mon frère ici, il était sain physiquement. En lui rendant visite quelques jours après, il se grattait les bras à en saigner, du fait d’une infection. » D’autres parents ont témoigné que le manque d’hygiène est flagrant, notamment pour la literie. Des infections que l’administrateur ne nie pas : « Les nouveaux internés contractent en effet de légères infections dues à des allergies, avant qu’ils ne s’adaptent. » Il est signalé par ailleurs que des antidépresseurs et des neuroleptiques sortiraient sournoisement de l’établissement et ce, malgré « le système de gestion rigoureux du médicament, préconisé par le ministère de tutelle ». Mais ces produits tombent vraisemblablement entre des mains incorrigibles. « Il arrive parfois de céder des médicaments sur ordonnance de médecin privé, à des patients habitués à notre établissement lorsque le produit vient à manquer », se défend notre vis-à-vis.

Nordine Douici

El Watan 16 août 2007

Ces policiers qui souffrent de traumatismes psychologiques

Le lourd tribut payé au terrorisme

Un pays qui perd 1500 de ses membres en l’espace de trois ans seulement et c’est la République qui tombe. » Une phrase lancée à Tunis, en 1995, par un ministre de l’Intérieur européen, et reprise dans le livre La police algérienne, une institution pas comme les autres de Aïssa Kasmi, ex-cadre de la Sûreté nationale, pour illustrer l’hécatombe qui a suivi l’embuscade meurtrière, qui a ciblé pour la première fois une patrouille de policiers, un certain 10 février 1992, à la rue Bouzrina, Basse Casbah, à Alger.

C’était le début d’une hémorragie dans les rangs de la Sûreté nationale. Vivant au milieu de la population, notamment dans les quartiers populaires, les policiers et des membres de leurs familles, cibles privilégiées des terroristes, tombaient à chaque coin de rue. Sur une population qui comptait à peine 10 000 policiers, Aïssa Kasmi a estimé dans son livre sorti en 2002, à 3000 morts le nombre de victimes en dix ans, soit le un tiers. Mais malgré l’enfer vécu, l’institution est restée debout pour se consacrer, essentiellement, à la lutte implacable contre un terrorisme barbare qui a déclaré la guerre à l’Algérie républicaine. Le prix de cette résistance est très lourd et si des dégâts physiques sont perceptibles et guérissables, le traumatisme psychologique, beaucoup plus profond, invisible et latent, qu’elle a engendré, a miné ses rangs et continue à faire souffrir les proches et les collègues des victimes. Nous sommes en plein après- terrorisme. Il est plus dur à affronter et à surmonter. Les séquelles de la violence dans laquelle l’Algérie avait sombrée causent elles aussi des drames aussi bien pour les policiers que pour leurs familles. Conscients de ce phénomène, les responsables de l’institution ont, dès 1996, eu l’idée d’installer une cellule de six psychologues cliniciens pour dépister les cas de traumatisme psychologique. Mais il faudra attendre 1999 pour que tous les mécanismes d’organisation soient mis en place. Entre la création et la mise en œuvre de la cellule, le nombre de suicides dans les rangs de la police a augmenté. A elle seule, l’année 1997, marquée par les massacres collectifs et surtout les images cauchemardesques des mutilations, des décapitations, des corps carbonisés, éventrés et déchiquetés, qu’ils ont laissés, détient le record avec 11 suicides, même si certains experts ne lient pas ce phénomène à la violence, mais plutôt à la situation socio-économique du pays. Pour eux, il n’y a aucune différence entre les motifs qui poussent un simple citoyen ou un policier à se donner la mort, si ce n’est le fait que ce dernier possède une arme, considérée comme un facteur encourageant du suicide. Néanmoins, les chiffres sont révélateurs. Douze policiers se sont suicidés en 2000, 16 en 2001, 12 en 2002, 10 en 2003, 11 en 2004, 17 en 2005 et 4 en 2006. Entre 1996 et 2005, ils sont 23 à avoir mis fin à leur vie. Les statistiques montrent une succession de recul et de hausse inexpliquée par les professionnels de la santé mentale, tout comme c’est le cas en général chez les civils. La réparation préventive devient très importante et le dépistage des troubles psychologiques essentiel. Pour les spécialistes, il est difficile de déceler les cas de traumatisme, du fait que la majorité d’entre eux ne laisse rien paraître et continue à travailler normalement. La décision de procéder à un examen psychologique systématique à tous les agents confrontés à la lutte antiterroriste au niveau des sûretés de wilaya, a fini par donner des résultats effarants au bureau de suivi psychologique (BSP) dirigé par le docteur Boualem Kechacha, psychologue clinicien, rattaché au service central de la santé et de l’action sociale de la Sûreté nationale. Les cas les plus touchés sont tout d’abord retirés du terrain pour occuper un poste administratif tout en bénéficiant d’une thérapie. Quelque temps plus tard, s’ils s’en sortent, ils reprennent leurs activités initiales. Ils deviennent bénéficiaires prioritaires de tous les avantages liés à leur fonction. Dans le cas contraire, ils sont mis en congé spécial, rémunéré par la sécurité sociale et la mutuelle de la Sûreté nationale. Ils ont droit à un suivi permanent par un psychologue. Une cellule locale chargée de la prise en charge des policiers victimes de traumatisme psychologique est de ce fait mise en place au niveau de 36 sûretés de wilaya, sur 48 (Illizi et Tamanrasset n’étant pas concernées). Elles sont chapeautées par le chef de sûreté de wilaya et composées d’un psychologue, d’un médecin de l’action sociale et d’un représentant de l’administration qui ont pleins pouvoirs de prendre toute décision jugée nécessaire à l’égard de la victime, entre autres, un rapprochement familial, un suivi psychologique, y compris pour sa famille, etc. Mission très difficile parce qu’il est question de traiter un passif de 10 ans. Tous les agents de la Sûreté nationale sont, à ce titre, mis à contribution pour dépister les cas de traumatisme dans leurs rangs. Le Bsp ne cesse de leur rappeler cette mission dont dépend leur santé et celle de leur entourage. Il leur est demandé de signaler tout comportement jugé inquiétant. Cela va du cas d’un policier qui subitement perd l’appétit, ne dort pas, commence à fumer excessivement, stresse rapidement, ou encore devient impulsif ou brutal jusqu’au comportement dépressif et violent. Des indices qui peuvent être utiles dans le dépistage d’un trauma et aider à sa guérison le plus rapidement possible. Aujourd’hui, le BSP compte une centaine de psychologues cliniciens, formés sur le tas et ayant bénéficié de cycles de spécialisation de courtes durées au niveau des universités algériennes mais également européennes. Trois psychiatres font partie de l’équipe. Ils sont sollicités en matière d’expertise psychiatrique, mais également pour la prise en charge des cas lourds lorsqu’ils dépassent la compétence des psychologues. C’est en 2005 que les premiers chiffres concernant les dommages collatéraux sont connus, après un dépistage effectué dans les rangs de la police. En 6 ans (1999-2005), 10 000 policiers ont bénéficié d’un suivi psychologique. Parmi eux, 489 présentent un syndrome post-traumatique (SPT) nécessitant une thérapie. 77% de ces agents n’ont pas été mutés, alors que 23% ont été orientés vers des postes aménagés ou sont en arrêt de travail prolongé. En 2005, ils étaient 493 cas de SPT qui suivent un traitement psychologique, et en 2006, 128 nouveaux cas ont été décelés. A ces derniers, s’ajoutent les cas ayant subi des dégâts physiques. Ils sont 104 policiers à avoir été déclarés grands invalides. Ils sont pris en charge totalement par la sécurité sociale. Docteur Kechacha estime que les victimes de trauma sont dans l’écrasante majorité recrutée entre 1991 et 1996. La période la plus touchée par le terrorisme. Pour lui, les chiffres sont loin de la réalité. Les policiers prennent rarement l’initiative d’aller consulter un psychologue. La première barrière est donc installée avec l’instauration d’un test psychologique obligatoire lors du recrutement dès la fin des années 1990, et qui permet à chaque fois d’éliminer une moyenne de 30% des postulants. Ce qui est important pour les responsables de la Sûreté nationale, c’est de guérir en priorité les dommages collatéraux de la lutte antiterroriste et d’éviter aux générations futures des drames encore plus violents que ceux vécus par les policiers durant la décennie rouge. Il est question de soulager la souffrance de ceux qui ont affronté le terrorisme, un devoir que l’Etat est obligé d’assumer, ne serait-ce que par reconnaissance à ses milliers d’enfants qui ont sauvé la République. Un hommage, à défaut d’ériger un mémorial à leur sacrifice.

Salima Tlemçani

8 juillet 2007

L’enfant et la toxicomanie

Prise en charge psychothérapeutique

La toxicomanie n’est pas uniquement une affaire de psychiatres ! » Sentence du Dr Doumendji, psychologue, inspectrice à l’enseignement supérieur et à l’origine de la création de deux centres de suivi de jeunes, Enfance maltraitée et Enfance en difficulté.

Avec M. Ziane, autre psychologue, enseignant à l’université de Bouzaréah, ils tentent d’assurer une gestion des maux de l’enfance en difficulté dans les grands centres urbains à travers l’association PSI Son & Image. « Nous n’arrivons pas à développer nos activités, faute d’autres locaux dans les cités pour prendre en charge et animer des joutes entre des enfants qui ne demandent qu’une simple assistance », dira M. Ziane. Pour lui, les portes de la toxicomanie concernent également les enfants dans la préadolescence. « Nous tentons d’occuper les enfants sortant du circuit scolaire à un jeune âge, les non-scolarisés qui se retrouvent à la rue sans aucune formation pouvant les mettre à l’abri des déviances ». Un projet financé par l’Union européenne bute sur l’absence d’autres espaces, « un local simple où mettre ces enfants avec du matériel suffit au bonheur des concernés ». L’exigence est simple : un lieu dans une quelconque cité et c’est un pare-feu pour ces dizaines d’enfants. « Attention, nous remarquons que tous les colloques et rencontres sur la toxicomanie ne font pas appel aux psychologues, alors qu’ils sont partie prenante de ce grave fléau », assurera le Dr Doumendji. Travailler en collaboration, s’échanger des informations et bénéficier mutuellement de l’apport des deux sciences ne peut être que salvateur pour l’objet de leurs études, à savoir l’être humain. Le même jour de la tenue de la rencontre internationale sur la toxicomanie ayant pour thématique « Maladie ou déviance ? », une soutenance de mémoire de licence par Mlle Ferhat Amel se déroulait dans l’espace universitaire avec comme thème « La relation entre la consommation et les troubles cognitifs chez l’adulte. Etude de cas ». L’ensemble des tests prescrits provenait de psychologues, montrant que la présence de ces derniers est indispensable dans la lutte contre la toxicomanie. La prise en charge psycho-thérapeutique, y compris celle des handicapés, est désormais possible avec les activités de sports et loisirs, des bibliothèques actives, comme le précisera M. Ziane qui rappellera l’exemple des deux centres de Rouiba avec une bibliothèque active pour des enfants en préscolaire.

A. Mekfouldji

El Watan 19 juin 2007

L'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi étouffe

Jun 14,2007 Par : Sofiane M.
 

L'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi n'est plus, depuis longtemps, un asile de paix pour les patients souffrant de troubles psychiatriques ou de dépendance aux drogues. C'est ce qui a été constaté, mardi, par le wali d'Oran qui y a effectué une visite d'inspection. Le seul EHS en psychiatrie opérationnel dans tout l'Ouest, puisque le nouveau EHS de Mostaganem inauguré récemment ne reçoit toujours pas de patients, est confronté à d'énormes problèmes pour faire face à une demande d'hospitalisation et de soins en hausse soutenue. Le personnel subit un surmenage et un stress permanent en raison d'une surcharge de travail et d'un déficit monstre en effectifs et moyens. Le représentant des travailleurs de cet EHS nous a confié que l'hôpital accueille en moyenne une dizaine de patients par jour, qui sont évacués, entre autres, des urgences psychiatriques du CHU d'Oran (pavillon 35). «Avec seulement 6 médecins et une centaine de paramédicaux, on n'arrive plus à assurer la surveillance des patients souffrant de pathologies particulières. On a des besoins urgents en spécialistes, en paramédicaux et en agents de sécurité», a-t-il confié. Le wali a aussi constaté un manque d'hygiène, de médicaments d'urgence et de moyens matériels, notamment des ambulances et des véhicules de service pour l'évacuation des patients. Rien que pour 2006, l'hôpital psychiatrique a accueilli 359 malades en placement d'office, dont 206 placements judiciaires venus de quatorze wilayas de la région. Cette «surpopulation» s'est répercutée sur les conditions d'hospitalisation qui sont devenues insupportables. Le service de désintoxication de cet hôpital qui prend en charge les personnes intoxiquées par usage des stupéfiants ou de médicaments n'arrive pas aussi à faire face à la demande croissante de placements d'office. Avec seulement 36 lits, ce service est submergé par les patients ce qui a contraint le personnel à réduire la période d'accueil des patients au minimum. Le wali a également constaté l'état de délabrement avancé des bâtiments de l'hôpital et a instruit le DSP de lancer une expertise de tous les bâtiments de cet établissement et s'est enquis de l'état d'avancement des projets de réhabilitation de certains pavillons et du réseau d'assainissement.

Selon les explications fournies sur place, les chantiers de réfection du bloc administratif et du réseau d'assainissement ainsi que la réalisation d'un poste transformateur électrique ont atteint un taux d'avancement de 25%.
 
Le Quotidien d'Oran

Psychiatrie et toxicomanie

25 spécialistes seront formés en France (Samedi 10 Février 2007)

Le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière est sur le point de réaliser un plateau technique au niveau de chaque hôpital psychiatrique. 25 spécialistes vont être formés en France en pédopsychiatrie. Outre les 10 centres de psychiatrie, 4 autres seront réalisés. L’autre préoccupation du secteur de la santé est la création d’un réseau de la prise en charge des victimes de la toxicomanie. Un système de réseaux articulés sur trois niveaux. Le niveau le plus bas concerne la création de 185 centres d’écoute à l’intention des jeunes potentiellement toxicomanes. Une action de prévention en direction de ceux qui sont tentés par la drogue au niveau des collégiens, des lycéens et des universitaires. Le deuxième niveau concerne la création de centres intermédiaires de traitement des toxicomanes à raison d’un centre par wilaya. Les grandes wilayas (Alger, Oran…) auront 32 centres chacune. Le troisième niveau concerne la création de centres régionaux de désintoxication, des centres au nombre de 15 localisés régionalement.

Liberté

1re session de formation en pédopsychiatrie
25 psychiatres et 30 infirmiers concernés

Par : S. SOFI   Le : samedi 02 décembre 2006

Le lancement de la première session de formation des psychiatres en pédopsychiatrie et des infirmiers a eu lieu hier au niveau de 12 structures sanitaires spécialisées, identifiées comme ayant développé des actions spécifiques pour les jeunes malades mentaux. Le coup d’envoi de cette session a été donné par M. Bouakaz, directeur des services sanitaires, à l’EHS Mahfoud Boucebsi de Chéraga.
Organisé par le ministère de la Santé, piloté par le Pr Kacha et parrainé par les Prs Philippe Mazet et Martine Mycquel, pédopsychiatres français, ce cycle de formation est composé de 8 sessions pour les psychiatres et de 2 sessions pour les infirmiers d’une durée de 5 jours par mois chacune. Cette formation touchera 25 psychiatres en pédopsychiatrie qui auront à acquérir les connaissances nécessaires dans la prise en charge adaptée des enfants et des adolescents en souffrance mentale et 30 infirmiers en guidance infantile qui auront à acquérir les connaissances nécessaires pour assister les psychiatres dans la prise en charge adaptée des enfants en souffrance mentale.
A l’ouverture de cette session, M. Bouakaz, directeur des services de santé a insisté sur ce genre de formation organisé en collaboration avec l’OMS qui a consacré la décennie 2000-2010 à la promotion de la santé mentale dans le monde.
Le représentant du ministère n’a pas manqué de rappeler les objectifs visés par le programme national de santé mentale qui se résument en la promotion de la santé mentale, la prévention, le traitement précoce et adapté des troubles mentaux, neurologiques et psycho-sociaux ainsi que la réadaptation et l’intégration sociale des personnes ayant  souffert de graves problèmes mentaux, contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité de vie de l’ensemble de la population.
Pour les 3 prochaines années, l’orateur a cité le programme 2006-2009 qui insiste sur l’amélioration de l’accessibilité des soins par la création de nouvelles structures spécialisées en psychiatrie ainsi que pour la prise en charge de la toxicomanie.
M Bouakaz n’a pas manqué de citer l’intégration des soins de santé mentale aux soins de santé de base qui doit être renforcée au niveau des centres intermédiaires  de santé mentale prévus dans les unités sanitaires de base en réseau avec les services de soins médicaux spécialisés pour qu’ils puissent intervenir de manière coordonnée et efficace.
Pour M Bouakaz, “un grand effort reste à faire” en la matière. Et d’ajouter “la santé mentale doit se construire selon une vision éclairée basée sur la lutte collective et positive contre la stigmatisation de la maladie mentale, la discrimination et l’exclusion sociale et prévoyant la participation active des patients, de la famille et de la société civile”.

EL MOUDJAHID - Edition Internet

Prise en charge des drogués en milieu carcéral

La prison subit la toxicomanie

Les travaux du séminaire consacré à la prise en charge des détenus toxicomanes en milieu carcéral, ont pris fin hier avec l’adoption de plusieurs recommandations devant servir de base à la stratégie de lutte contre ce fléau.

Les participants à cette rencontre de deux jours, organisée par l’administration pénitentiaire en collaboration avec l’Unicef, ont insisté sur la nécessité du renforcement des structures de prise en charge des détenus toxicomanes non seulement à l’intérieur des établissements pénitentiaires, mais également à l’extérieur, pour permettre le suivi des détenus une fois libérés. Après un riche débat au niveau des trois ateliers techniques, les conférenciers, parmi lesquels se trouvaient des experts belges et français ont été unanimes à relever l’importance des campagnes médiatiques de sensibilisation sur les dangers de la drogue, mais aussi sur l’urgence d’une stratégie de développement des infrastructures socio-culturelles et sportives destinées aux jeunes. L’atelier consacré aux facteurs qui poussent les jeunes à se droguer, a clôturé ses travaux avec six propositions : l’interpellation des familles pour les sensibiliser sur le rôle social qu’elles doivent assumer, la maîtrise de l’expansion urbanistique dans le but de promouvoir l’équilibre régional dans le développement, le renforcement des mécanismes d’orientation sociale et éducative, la prise en charge des jeunes exclus du système éducatif à travers la multiplication des chances de formation professionnelle, la promotion de la prévention dans les milieux éducatifs et les médias, l’unification des efforts du mouvement associatif et des infrastructures étatiques dans la prévention, le renforcement des cellules d’écoute dans les établissements pénitentiaires et à l’extérieur, dans les centres hospitaliers, l’installation rapide d’équipes médicales pluridisciplinaires pour recevoir, écouter, orienter et traiter les toxicomanes que ce soit au niveau des prisons ou à l’extérieur et, enfin, la nécessité de contrôler plus sévèrement les réseaux de distribution des psychotropes à travers une réglementation plus répressive. Les participants au deuxième atelier consacré à la prise en charge des toxicomanes en milieu carcéral, ont pour leur part appelé à une formation spécialisée pour les psychologues, psychiatres, éducateurs, infirmiers et assistants sociaux, la création d’équipes pluridisciplinaires agissant dans les prisons, coordonner les efforts entre les équipes de prise en charge en milieu carcéral et celles se trouvant à l’extérieur pour permettre la continuité du traitement du détenu toxicomane, la création d’espaces d’activité culturelle, sportive et éducative dans les prisons et enfin la création de cellules pluridisciplinaires de coordination, de suivi et d’évaluation des détenus toxicomanes. Les conférenciers ayant participé au débat sur les moyens et mécanismes de réinsertion sociale des détenus drogués, ont pour leur part insisté sur le renforcement de la coordination entre les secteurs de la justice, la santé et l’éducation pour faire face à la délinquance juvénile et assurer une meilleure prise en charge des détenus toxicomanes, le développement des structures d’accueil pour les détenus malades une fois libérés, la nécessité de coordonner les efforts entre l’administration pénitentiaire et la santé pour le suivi du traitement du détenu une fois à l’extérieur de la prison et l’encouragement de la recherche scientifique dans le but de trouver de nouveaux moyens de lutte et éviter le recours aux psychotropes. Ce sont là les principales recommandations remises à l’administration pénitentiaire à la fin des travaux du séminaire. Mokhtar Fellioune, directeur général de l’administration a déclaré à la fin du séminaire que ces recommandations vont servir de base de travail dans la stratégie de prise en charge des détenus toxicomanes, en relevant toutefois, que la lutte contre ce fléau n’est pas uniquement du ressort de l’administration pénitentiaire qui le subit de plein fouet, mais de toute la société. « Nous sommes face à un grave problème de santé publique, un phénomène ravageur qui se propage rapidement en détruisant les franges les plus jeunes. Il est donc urgent de mettre en place un dispositif pour lutter contre ce fléau, sensibiliser les jeunes non seulement contre ses conséquences sur leur santé, mais aussi le risque pénal qu’ils encourent. C’est un grand défi que nous ne pouvons réaliser que si la société civile, les spécialistes et les structures concernées conjuguent leurs efforts pour combattre toutes les formes de toxicomanie... », a conclu M. Fellioune avant de clore le séminaire. Reste à savoir si ces recommandations vont être concrétisées sur le terrain ou tout simplement remises aux calendes grecs comme cela a été le cas pour les nombreuses autres qui les ont précédées.

Salima Tlemçani

El Watan 15 novembre 2006

 

 

150.000 malades mentaux en Algérie

 

Quelque 30 mille malades mentaux sont soignés dans des hôpitaux universitaires, des centres spécialisés et dans les secteurs sanitaires, a souligné le docteur Nacéra Magi, vice-directeur chargée de la santé mentale au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, à la veille de la célébration de la journée mondiale de la santé mentale.

S’appuyant sur des donnés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Magi a estimé le nombre des malades mentaux en Algérie à 150 mille, notamment dans les grandes villes. Le docteur a indiqué dans le même contexte que «le ministère de la Santé a redynamisé le programme national de prise en charge de la santé mentale pour les 4 années prochaines (2006-2009) et l’ouverture de nouveaux centres de proximité et des services au niveau des secteurs sanitaires afin de rapprocher la santé des citoyens et de soulager les familles atteintes par cette maladie, tout en dotant les wilayas de Sidi Bel-Abbès, Mostaganem, Batna et la daïra de Sour El-Ghozlane de 444 lits, qui s’ajoutent à 4.722 autres existants au niveau national». «Le taux de 1,43 lit pour 10 mille habitants s’avère insuffisant au niveau national et le ministère prévoit au titre du programme national de doter les secteurs sanitaires de lits d’urgences pour alléger la pression sur les grands centres hospitaliers», a indiqué le docteur. Concernant les médecins spécialistes, Mme Magi a affirmé que le pays compte 378 médecins spécialistes, soit 1,13 pour 100 mille habitants, et 2.128 infirmiers, soit 6,44 pour 100 mille habitants, estimant que «ce chiffre ne couvre pas les besoins des populations dans cette spécialité et que le ministère a formé des médecins généralistes et des paramédicaux dans 108 centres intermédiaires à travers 46 wilayas pour la prise en charge des malades».

En ce qui concerne les malades mentaux qui vagabondent dans les grandes villes, le docteur Magi a souligné que «leur prise en charge demande la coordination des efforts des ministères de l’Intérieur, de la Solidarité nationale et de la Santé publique». Le ministère de la Santé a élaboré une directive à caractère juridique portant sur la prise en charge des malades mentaux en situation de vagabondage, mais elle ne sera opérationnelle qu’après leur recensement par les communes, a-t-elle indiqué. Concernant les médicaments destinés à ces malades notamment les calmants, le docteur a souligné qu’ils «sont offerts gratuitement au niveau des hôpitaux, affirmant des interruptions momentanées, mais le nouveau programme vise à réorganiser leur distribution et les rendre disponibles dans l’ensemble des centres».

De son côté, le professeur Farid Kacha, le chef de service des maladies mentales à l’hôpital psychiatrique de Cheraga, a indiqué que 30 à 40% des cas de suicide en Algérie sont dus aux dépressions nerveuses. Selon les données pathologiques, le taux de suicide en Algérie est de 2 sur 100.000 habitants notamment chez les hommes d’un âge avancé, et ceux qui souffrent des problèmes de la solitude, des problèmes sociaux, de l’anxiété et des troubles de la personnalité. Pour les tentatives de suicide, le professeur Kacha dira que ce phénomène dépasse de 15 fois les cas de suicide soit 34,1 sur 100.000 personnes chaque année notamment chez les adolescents. Selon le même spécialiste, «les personnes âgées et les adolescents sont les plus exposés aux dépressions et au suicide faute de soutien familial, d’écoute et de prise en charge». «76% des cas de suicide en Algérie sont enregistrés chez les adolescents dont les trois quarts chez les femmes et 6% chez ceux qui récidivent après une tentative», a affirmé le professeur Kacha qui cite une enquête élaborée en collaboration de collègues. L’adolescent est «souvent fragile de personnalité et sensible face aux échecs et aux dépressions, ce qui l’incite à se suicider» en utilisant différents moyens, notamment les produits chimiques comme les détergents nocifs, avant de recourir en dernier ressort à se couper les veines», a poursuivi M. Kacha.

Synthèse : R. N.

Le Quotidien d'Oran 10 octobre 2006

Maladies mentales :
6,6 milliards de dinars pour le programme 2006-2009

Par : Sarah SOFI   Le : samedi 26 août 2006

 

M. Amar Tou a présidé, hier-matin au siège de son département ministériel, une journée de présentation du Programme national de santé mentale, qui a bénéficié d’une enveloppe financière 6,6 milliards de dinars. A cette occasion, il a mis en exergue l’importance de ce dossier tout en insistant sur le dispositif de prise en charge des soins psychiatriques dans les CHU, les EHS et les secteurs sanitaires.
Selon l’OMS, plus de 405 millions de personnes sont atteintes de troubles mentaux ou neurologiques ou souffrent de problèmes psycho-sociaux associés notamment à l’alcoolisme ou à la toxicomanie. D’autres part, la dépression est actuellement la 5e cause de mortalité  et de handicap dans le monde. Par contre, on estime que plus de 12,5% de la morbidité mondiale est due aux troubles mentaux et neurologiques.
En Algérie, les résultats de l’enquête nationale sur la santé de la famille en 2002 estiment que la prévalence des maladies mentales dans la population générale est de 0,5%, environ 150.000 personnes. Par contre, celle de la maladie épileptique représente 0,2%, soit 63.000 personnes.
Pour ce qui est de morbidité hospitalière pour l’année 2005, on compte 26.307 cas, dont 13.480 cas, soit 51,24%, relevant de psychose, 10.052 cas, soit 38,1%, d’épileptie, 1.560 cas, soit 6,76%, atteints de dépression, 753 cas, soit 2,86%, de névrose et 102 cas, soit 0,38%, de démence.
Pour ce qui du dispositif de prise en charge des soins psychiatriques dans les structures hospitalières, on compte 4.722 lits, 196 psychiatres et 1.473 infirmiers en soins psychiatriques.
Pour ce qui est soins extra-hospitaliers, il existe 188 centres intermédiaires de santé mentale dans 46 wilayas. Par contre on compte 81 consultations assurées par un psychiatre, 138 par un médecin généraliste et 132 par un psychologue. Pour ce qui est du personnel paramédical, on compte aussi 3 centres intermédiaires des soins en toxicomanie à Annaba, Oran et Bab-El-Oued en plus de 138 cabinets privés à travers le territoire national.
 S’agissant des ratios de couverture sanitaire, on dénombre en moyenne pour 33 millions d’habitants, 1,43 lit pour 10.000 habitants, 1,13 psychiatre pour 100.000 habitants, 1 psychiatre pour 6 infirmiers et 1 psychiatre pour 25 lits. Selon les intervenants, l’évaluation de 5 années de mise en œuvre de ce programme a fait  ressortir des insuffisances en matière de lits d’urgence psychiatriques dans les hôpitaux généraux et saturation rapide des services  prenant en charge l’urgence psychiatrique, une rupture fréquente en médicaments psychotropes dans les services spécialisés et les officines et une insuffisance flagrante en ressources humaines spécialisées. D’autre part, la  sectorisation actuelle psychiatrique ne convient plus à la demande de soins.
Parmi les objectifs tracés par le Programme national de santé mentale pour l’année  2009, on cite la nécessité d’atteindre  les ratios de 1,5 lit pour 10.000 habitants, 1,55 psychiatre pour 100.000 habitants et 8 infirmiers en soins psychiatriques pour 100.000 habitants.
Le programme de développement insiste sur la réalisation de 5 établissements spécialisés totalisant 440 lits à Sidi Bel-Abbès, Mostaganem, Sour El-Ghozlane, Batna et Ouargla. Il y aura aussi des hôpitaux de secteurs sanitaires non dotés de lits spécialisés.
Pour ce qui est des structures extra-hospitalières, il  aura la création d’une unité de service de psychiatrie chargée des soins et de prévention de toxicomanie à Constantine, 3 centres intermédiaires de soins en toxicomanie, dont 2 à Alger et 1 à Tizi Ouzou et 2 centres intermédiaires en santé mentale au niveau de 2 wilayas non dotées.
Pour la période 2006-2009, le programme insistera sur la formation de 160  infirmiers en psychiatrie. Ce chapitre bénéficiera d’une enveloppe financière de 200 millions de dinars pour la période 2006-2009. Pour la même période, une enveloppe financière de 1,250 million de dinars est consacrée à la réalisation de structures spécialisées. 1,200 million de dinars sont destinés aux médicaments et 200 millions de dinars aux équipements, toujours pour la même période.

 

El Moudjahid

Les chiffres fous de la folie en Algérie

 

Tout en rassurant sur la gratuité et la disponibilité des médicaments, le ministre de la Santé a affirmé que les personnes souffrant de maladies mentales seront totalement prises en charge.

Création de nouvelles structures d’accueil et formation complémentaire pour médecins et infirmiers en psychiatrie sont les axes essentiels du programme du ministère pour les 3 prochaines années. 6,6 milliards de dinars sont nécessaires à la concrétisation de ce programme national de santé mentale.

Le constat des 5 dernières années, établi par le ministère de la Santé, fait ressortir des insuffisances, notamment le déficit en lits d’urgence dans les hôpitaux psychiatriques, les ruptures de stocks fréquentes en médicaments psychotropes dans les services spécialisés et dans le officines, notamment.

Amar Tou, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, qui a présenté le programme, hier, au siège de son département, a mis l’accent sur la formation « ciblée » de médecins généralistes et de personnels paramédicaux qui seront formés pour renforcer les rangs du personnel spécialisé.

L’objectif étant d’atteindre en 2009, selon ce programme, un ratio de 1,55 psychiatre pour 100.000 habitants (actuellement il est à 1,43) et de 8 infirmiers pour 100.000 habitants. Un total de 378 psychiatres et 2.128 infirmiers exercent actuellement dans le secteur de la santé mentale. Ces nombres sont appelés à augmenter par la mise en place en octobre prochain de courtes formations pour les généralistes et infirmiers désirant prendre part à ces formations. Le nombre de psychiatres sortant de l’université, annuellement estimé entre 30 et 40, ne peut couvrir les besoins de l’ensemble des structures que compte réaliser le ministère de la Santé. Cette formation complémentaire devait concerner 400 médecins généralistes qui seront chargés du traitement des affections mentales les plus fréquentes, est-il signalé. La mise en place du Certificat d’étude spécialisé (CES) de psychiatrie infanto-juvénile est également prévue pour la formation de 120 médecins dans cette spécialité. Le recours à ces formations vient accompagner la réalisation de nouvelles structures hospitalières spécialisées. Ce sont pas moins de cinq établissements de ce genre (EHS), totalisant 440 lits, qui viendront renforcer les structures existantes. Les travaux de deux d’entre eux sont achevés à Sidi Bel-Abbès et Mostaganem avec 120 et 80 lits, alors que ceux de Batna, Sour El-Ghozlane et Ouargla sont en cours de réalisation. Egalement prévue, la création de 16 services psychiatriques de 10 à 30 lits dans les hôpitaux des secteurs sanitaires non dotés de lits de spécialité.

Pour ce qui est des statistiques de l’année 2005, il est indiqué que les affections mentales touchent 26.307 personnes. Les affections les plus répandues étant la psychose avec 13.480 cas (51,24%), l’épilepsie 10.052 cas (38,21%), la dépression 1.560 cas (6,76%). Ensuite vient la névrose avec 753 cas (2,86%), et enfin la démence avec 102 cas (0,38%).

La prévalence des maladies mentales dans la population générale, selon une enquête faite en 2002 sur la santé de la famille, est estimée à 0,5%, soit un total de 150.000 personnes qui sont atteintes. Pour les épileptiques, ils représentent 0,2% de la population générale, soit 63.000 cas.

S. E. K

Le Quotidien d'Oran Dimanche 27 août 2006

Edition du Dimanche 27 Août 2006

La folie progresse en Algérie

26 307 nouveaux cas de psychose, névrose et dépression en 2005

Une enquête menée par le programme national de santé mentale fait ressortir un déficit
en psychiatres, infirmiers et lits d’hospitalisation.

Parent pauvre de tous les programmes de santé mentale de par le monde, la psychiatrie est une spécialité marginalisée, quand bien même elle prendrait en charge de plus en plus de malades.
Les résultats de cette spécialité ne sont pas aussi évidents et surtout pas aussi palpables que dans les autres disciplines de la médecine ; la psychiatrie pâtit d’une étiquette que lui a collée la société : “la spécialité des fous.” La psychiatrie demeure pourtant une spécialité à part entière et elle n’est pas en marge du progrès de la médecine, puisque grâce aux nouvelles techniques de diagnostic et aux récents moyens thérapeutiques, nombre de malades se sentent mieux et reprennent leur place dans la société. Eu égard à la spécificité de cette frange de malades, le ministère de la santé a installé un comité technique : le programme national de santé mentale.
Chargée voilà quelques mois de mener une étude sur le terrain et d’élaborer une stratégie nationale, cette structure a présenté hier ses conclusions, lors d’une séance de travail, tenue au siège du département de la santé.
Lors de cette journée de travail, présidée par Amar Tou, ministre de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, le Dr Boualem Cherchali, chargé du programme national de santé mentale au département de la santé, estime que selon les résultats de l’enquête algérienne sur la santé de la famille, la prédominance des pathologies psychiatriques avoisine les 0,5% de la population. En se basant sur ce taux, les spécialistes évaluent le nombre de malades à 150 000 cas en Algérie. Le Dr Cherchali a révélé dans ce sens que 26 307 cas ont été recensés durant la seule année 2005. Sur les cas recensés, les patients atteints de psychose représentent 13 480 malades, soit 51,24%, les épileptiques sont au nombre de 10 052, à savoir 38,21%, les malades dépressifs 1 560 atteignant le taux de 6,76%, les névrosés figurent à l’avant-dernière place avec 753, soit 2,86% et enfin 102 cas de démence, soit 0,38%. Estimée à une prévalence de 0,2% parmi la population globale, l’épilepsie touche à elle seule quelque 63 000 personnes. Selon le rapport présenté par le Dr Boualem Cherchali, les maladies mentales sont prédominantes chez l’adulte citadin de plus de 40 ans et sans distinction de sexe. Même si le nombre de malades atteints de ce genre de pathologie est en nette augmentation, il n’en demeure pas moins que les médecins spécialistes et les structures hospitalières dédiées à la psychiatrie s’avèrent en réelle inadéquation avec les vrais besoins. Les résultats de l’enquête en matière de couverture sanitaire en psychiatrie font ressortir qu’en Algérie, il y a 1,43 lit pour 10 000 habitants, 1,13 psychiatre pour 100 000 habitants et 6,44 infirmiers spécialisés en psychiatrie pour 100 000 habitants. Selon cette même enquête, chaque psychiatre a en charge pas moins de 25 lits d’hospitalisation en structure spécialisée. En tout et pour tout, le pays comptabilise au jour d’aujourd’hui 378 psychiatres et 2 128 infirmiers spécialisés, et ce nombre est jugé très en deçà des besoins réels pour une bonne prise en charge des malades. Cette réalité du terrain a conduit, selon le Dr Boualem Cherchali, à une saturation des services des urgences psychiatriques et il avance deux raisons pour cela : le déficit en lits d’hospitalisation en psychiatrie et la politique de la sectorisation qui a montré ses limites, car elle ne convient plus à la demande des soins. Outre le manque de structures spécialisées, les patients doivent faire face à des ruptures de stock cycliques quant à leur traitement. Même s’ils sont considérés comme malades chroniques, la liste des médicaments touchés par la gratuité demeure limitative, ce qui a des répercussions sur les résultats thérapeutiques. Pour améliorer la situation, le programme national de santé mentale prévoit toute une panoplie de mesures dont la formation de 400 médecins généralistes pour être opérationnels dans les centres intermédiaires, pour la prise en charge des pathologies fréquentes, et aussi la création d’un certificat d’enseignement spécialisé en psychiatrie des enfants et des adolescents. Selon les estimations du même programme national, il est impératif de former dans l’immédiat 120 pédopsychiatres et 120 autres infirmiers spécialisés. Il est prévu aussi la création de 5 nouvelles structures psychiatriques respectivement à Sidi Bel-abbès, Mostaganem, Sour El-Ghozlane, Batna et Ouargla. Pour sa part, le ministre de la santé a mis l’accent sur la nécessité de la mise en application du programme national de la santé mentale.
Il rappellera aussi que 24 programmes nationaux de santé sont d’ores et déjà finalisés et budgétisés. Il affirmera à ce point que l’état leur allouera les enveloppes financières nécessaires à leur mise en place. Quant aux programmes des maladies asthmatiques et orphelines, il déclarera qu’ils seront bientôt finalisés.

Saïd Ibrahim

Nouvelles structures hospitalières psychiatriques

El Moudjahid   Le : samedi 26 août 2006

Pour pallier les insuffisances, le Programme national de santé mentale, qui nécessite une enveloppe budgétaire de 6,6 milliards de dinars, prévoit d’atteindre  d’ici à 2009 les ratios de 1,5 lit pour 10.000 habitants, de 1,55 psychiatre   pour 100.000 habitants et 8 infirmiers en soins psychiatriques pour 100.000  habitants.          
Il est par ailleurs prévu la création de cinq nouvelles structures hospitalières psychiatriques totalisant 440 lits, à travers le territoire national  dont Sidi-Bel-Abbès, Mostaganem, Sour El-Ghozlane (Bouira), Batna et Ouargla.        
Au volet formation, le programme se fixe comme objectif la formation complémentaire des 400 médecins généralistes des centres intermédiaires de santé  mentale pour le traitement des affections mentales les plus fréquentes et la  mise en place du CES (certificat d’enseignement spécialisé) de psychiatrie infanto-juvénile  pour former 120 médecins.  En parallèle, 120 infirmiers en psychiatrie seront formés dans le  cadre de ce Programme national de santé mentale.         
Commentant ces données, le ministre de la Santé a insisté sur l’importance de la mise en application de ce Programme, en soulignant que la santé mentale constitue un "problème qui doit nous préoccuper davantage".         
Tout en reconnaissant que la prise en charge de cette frange de malades  demeure "faible", le ministre a expliqué que la psychiatrie attire très peu de jeunes médecins.           
Pour remédier à l’insuffisance en la matière, il a indiqué que son département a décidé de favoriser le CES en psychiatrie (et gynécologie)  au profit des médecins généralistes.

Sur les 15 000 recensés

Un millier de malades mentaux dans les rues

Au moins un millier de malades mentaux circulent librement dans les rues de la capitale », affirment des sources proches de l’administration de la wilaya d’Alger. D’après ces mêmes sources, le nombre de malades mentaux recensé dans la capitale tournent autour de 15 000.

La plupart d’entre eux sont, actuellement, internés. « Au dernier recensement de la population effectué en 1998, le nombre de personnes atteintes de handicaps mentaux étaient de moins de 14 000 », rappellent nos sources. Et d’ajouter : « Pour l’heure, nous ne pouvons faire que des estimations approximatives en raison de l’absence de chiffres officiels récents. Il reste que l’estimation faisant état d’un millier de malades mentaux en liberté reste la plus plausible. » Il y a lieu de signaler, au passage, que l’Algérie est, aujourd’hui, l’un des rares pays où un grand nombre de malades mentaux échappe à tout contrôle. Ce constat donne, en effet, à réfléchir d’autant que bon nombre de ces malades sont violents. Les agressions physiques perpétrées par les personnes atteintes de troubles psychologiques sur les passants, notamment les femmes, sont trop fréquentes pour passer inaperçues. Les réactions imprévisibles des malades mentaux circulant dans les rues peuvent déraper vers de véritables crimes. Il y a moins de 2 ans, une femme âgée a été tuée à coup de barre de fer par un fou dans les environs de la commune de Bachedjarah. Un tragique événement qui risque de se répéter à l’avenir au vu du nombre de plus en plus élevé de malades mentaux qui sillonnent les rues de la capitale. « Les malades mentaux qui circulent dans la capitale appartiennent, en fait, à deux catégories. La première est celle des malades ayant des familles et qui peuvent donc rentrer chez eux où être récupérés par leur famille. La deuxième catégorie, par contre, est celle des sans domicile fixe qui n’ont d’autres demeures que la rue », expliquent nos sources. Et de préciser : « De nombreux malades viennent d’autres villes du pays, ce qui explique, en partie, l’évolution de leur nombre au niveau de la wilaya d’Alger. » On nous informe, par ailleurs, que l’évolution du nombre de personnes atteintes de troubles psychologiques est également liée aux événements ayant marqué le pays durant la dernière décennie. « Le nombre de personnes affectées psychologiquement durant les années 1990, en raison des événements tragiques qu’a connus le pays, a connu une augmentation considérable », soulignent nos sources. Il y a lieu d’ajouter, en outre, que les nombreux problèmes sociaux vécus par les Algériens durant ces dernières années ont eu des effets dévastateurs sur bon nombre de personnes. Nous sources informent, justement, que « la majorité écrasante des malades mentaux recensés dans la capitale est âgée de 20 à 60 ans. La plupart d’entre eux sont manifestement devenus malades à l’âge adulte, ce qui démontre l’influence des facteurs sociaux et autres facteurs externes sur les raisons de leur maladie. Le nombre de personnes souffrant de troubles psychologiques constatés dès l’enfance est, en revanche, très peu élevé ». Il est important de préciser que le nombre de personnes atteintes de maladies mentales n’a pas évolué au même rythme que les infrastructures censées accueillir ces personnes, ce qui explique le nombre élevé de malades errant dans les rues d’Alger. On nous informe, en outre, qu’une loi interdisant le vagabondage a été votée il y a quelques années, mais sans que cela se répercute sur le nombre de malades occupant les rues de la ville. Ces malades qui représentent, dans de nombreux cas, un véritable danger pour les autres et eux-mêmes risquent d’être encore plus nombreux si des actions concrètes ne sont pas prises. Ahmed G.

El Watan 19 juillet 2006

Combattre la toxicomanie

 

Créée en décembre 2005, mue sans doute par les ravages et les méfaits de la drogue et des psychotropes qui ont déjà fait nombre de victimes, dans la wilaya de Médéa, et pour lutter contre ce fléau afin d’en prévenir les jeunes qui sont encore «sains», «l’Association S.O.S. Awham pour la protection contre la toxicomanie» se déploie sur le terrain.

«Une association qui se donne comme objectif premier d’apporter l’aide et l’assistance nécessaires aux jeunes et moins jeunes qui en sont atteints, ainsi qu’à leurs familles», nous dira le docteur Yamina Benhadji, la présidente de cette jeune association, rencontrée lors de la «journée portes ouvertes» organisée dans ce sens, à la fin de la semaine qui vient de s’achever. Une manifestation d’information et de sensibilisation qui s’est tenue dans le vaste hall de la bibliothèque municipale, située à la place du 1er Novembre à Médéa, grâce au précieux concours de l’APC de Médéa. Et le docteur Yamina Benhadji d’ajouter: «ces actions d’information et de sensibilisation sur les méfaits de la drogue et des psychotropes seront dorénavant multipliées et se feront de façon régulière, et non plus conjoncturellement, car nous voulons faire prendre profondément conscience au plus large public possible, à commencer par la cellule familiale, de tous les graves dangers encourus par ceux et celles qui en consomment. Aujourd’hui, tout le monde sait que le toxicomane, particulièrement le jeune adolescent, est capable de perturber et déséquilibrer le noyau familial et, de là, toute la société. Il faut que tout le monde sache aujourd’hui, et une bonne fois pour toutes, que le toxicomane est avant tout un malade qu’il faut prendre en charge et soigner».

Cette manifestation «portes ouvertes sur la toxicomanie et ses dangers» s’est caractérisée par un programme très riche qui a été très apprécié et attentivement suivi par les nombreuses personnes, hommes et femmes, filles et garçons, de tous âges, qui se sont déplacées sur les lieux. En effet, alors qu’elle était prévue à 16 h 00, la clôture de cette manifestation, utile à plus d’un titre, avait été repoussée à 20 h 00 devant l’afflux nombreux d’un public qui voulait davantage savoir et comprendre à travers les questions, aussi pertinentes que variées, posées et auxquelles les membres de «l’Association S.O.S. Awham» apportaient les réponses les plus explicatives et les plus convaincantes. En plus des nombreux panneaux exposés portant textes et dessins, et dont la teneur peut être résumée par «la drogue ne rend pas plus intelligent ni plus fort», «la drogue n’aide jamais à obtenir de bons résultats scolaires, ni à obtenir un travail et encore moins à être heureux», «consommer de la drogue, c’est se condamner à une mort atroce», «le seul moyen de parvenir à un monde meilleur, à atteindre ses objectifs, c’est de s’éloigner de la drogue»... Un programme dont le moment fort aura été sans conteste le témoignage poignant, enregistré sur vidéo et présenté au public, du frère aîné d’un jeune consommateur de stupéfiants (drogue et psychotropes). Un témoignage fait sans complaisance et d’une vérité toute crue, qui n’a pas laissé indifférente la nombreuse assistance parmi laquelle l’on avait noté un très grand nombre d’adolescents.

Ce qui fera dire au docteur Yamina Benhadji: «je crois que le fait de voir pleurer, aujourd’hui, certaines personnes, surtout les mères de famille, nous renforce davantage dans notre action et nous ordonne de multiplier nos efforts pour la plus large sensibilisation possible, à travers la meilleure information, apte à amener les citoyens et les citoyennes de la wilaya de Médéa à adhérer aux objectifs de notre jeune association, indépendante et apolitique. Une adhésion à travers une aide, surtout morale, et une présence effective à nos côtés».

Rabah Benaouda

Le Quotidien d'Oran 17 juillet 2007

Tizi-Ouzou - Maladie Mentale : 2% de la population globale est psychotique - Le soir d'Algérie - Algérie - 22/06/2006

La maladie mentale est l’une des pathologies les plus dramatiques et plus préoccupantes dans la région de Tizi-Ouzou. La psychiatrie n’a bénéficié d’aucune structure depuis la création en 1972 de la “Cité psychiatrique”. L’association des parents et amis des malades mentaux qui a organisé deux journées portes ouvertes sur la maladie, les 20 et 21 juin, a brossé un tableau très peu reluisant de la situation du malade, en matière de prise en charge que de son insertion en milieu social et professionnel.

La maladie mentale est l’une des pathologies les plus dramatiques et plus préoccupantes dans la région de Tizi-Ouzou. La psychiatrie n’a bénéficié d’aucune structure depuis la création en 1972 de la “Cité psychiatrique”. L’association des parents et amis des malades mentaux qui a organisé deux journées portes ouvertes sur la maladie, les 20 et 21 juin, a brossé un tableau très peu reluisant de la situation du malade, en matière de prise en charge que de son insertion en milieu social et professionnel.
La population de la wilaya de Tizi-Ouzou dépassant le 1,2 million d’habitants en 2005, celle des malades psychotiques oscille entre 12 000 à 24 000, soit 1% à 2% de la population sont porteurs de pathologies psychotiques, révèle le Dr Amirèche, psychiatre à Tizi-Ouzou et vice-président de l’association. La population des malades reste tributaire dans son existence sociale des actions de son entourage, des structures de soins, de l’apport de l’Etat, précise encore notre interlocuteur sériant les circuits de soins disponibles, les possibilités thérapeutiques, les leviers de solidarité et des mécanismes de protection des malades, très insuffisants en nombre et en qualité. En matière de soins et de prise en charge des cas psychiatriques, le Dr Amirèche précise que les lits hospitaliers ont connu une diminution, malgré l’augmentation de la demande. La wilaya de Tizi-Ouzou dispose réglementairement de 370 lits dont seuls 338 sont fonctionnels (330 à Oued-Aïssi et 8 au CHU), la capacité disponible couvre en plus les patients des wilayas de Béjaïa, Bouira et Boumerdès. Conséquence directe, il est enregistré un taux d’occupation de l’ordre de 400% et cette suite directe de leur surcharge se constate dans la qualité de la prise en charge devenue une réponse à l’urgence et impossibilité de projets de soins de post-cure adéquat, et bien entendu, la durée d’hospitalisation devant être écourtée. En matière d’encadrement, le personnel disponible ne répond plus aux préoccupations. A travers les structures publiques et privées, les soins psychiatriques ne fonctionnent qu’avec 23 psychiatres pour toute la wilaya. Ce qui donne un ratio d’un psychiatre pour 54.000 habitants, alors que les recommandations sont d’un psychiatre pour 34.000, et d’un infirmier pour 25 malades. L’absence de structures d’accompagnement de soins et de resocialisation reste l’une des préoccupations de cette association qui “n’a pas les prétentions” de régler tous les problèmes. Les centres intermédiaires existants (CIS) ne sont toujours pas pourvus en moyens humains et de structures adéquates. Poursuivant son “réquisitoire”, le vice-président de l’association souligne que les aides octroyées par l’Etat pour le handicapé sont rudimentaires et leur attribution relève d’un parcours du combattant. “Elles obéissent à des références cliniques peu claires, car la même pathologie est rétribuée différemment (80 à 100%)”. Ce qui est scandaleux, pour l’association, c’est l’impossibilité pour un jeune malade n’atteignant pas les 18 ans d’acquérir une carte de handicapé, donc exclu du circuit de soins et d’aide. Notre psychiatre s’indigne (ou presque) du fait que la commission de wilaya de psychiatrie, qui, théoriquement, joue le rôle d’arbitre et de recours dans le cadre social ou juridique, pourtant réglementairement prévue, n’a jamais été mise en place, ni installée. Affirmant, au passage, que les circuits de soins déterminés par la loi (23 octobre 1976), notamment les différentes modalités d’hospitalisation ne sont pas connus ni appliqués. Des actions de sensibilisation pour défendre le droit des malades et lutter contre leur stigmatisation n’en manqueront pas à l’avenir. Une série d’actions est d’ores et déjà envisagée par l’association, entre autres la mise en place d’un lieu et d’un lien au sein d’une structure adaptée permettant la mise en place de protocoles de réinsertion sociale et d’apprentissages d’habilités sociales.
J. L. Hassani

Sidi Bel-Abbès se dote d’un établissement hospitalier spécialisé

Le nouvel hôpital psychiatrique mis en service
Construit dans un délai de réalisation record de moins de dix mois, le nouvel hôpital psychiatrique de la ville de Sidi Bel-Abbès vient d’être mis, depuis hier samedi, officiellement en service par les responsables locaux du secteur de la santé et de la population.

Financé dans le cadre du programme complémentaire du président de la République, pour un coût global de 23 milliards de centimes, dont près de 5 milliards pour le seul chapitre «Equipement», cet établissement hospitalier spécialisé (EHS) est implanté sur un site en rase campagne à la périphérie nord du quartier Sidi Djillali. Dans sa configuration actuelle, il est doté d’une capacité d’accueil de 120 lits techniques ainsi que de tous les services nécessaires qui font véritablement de cette nouvelle structure un centre moderne de soins spécialisés à même d’assurer la prise en charge du malade psychiatrique dans les mêmes conditions de séjour que celles offertes aux patients des autres établissements hospitaliers. Le nouvel hôpital psychiatrique qui est appelé à prendre en charge également les patients des wilayas limitrophes de Sidi Bel-Abbès, se compose en effet de plusieurs installations spécialisées, aménagées et équipées de manière à répondre à toutes les sollicitations de cette catégorie spécifique de malades. Il s’agit entre autres, outres les chambres pour l’hébergement des malades des deux sexes, d’un service d’urgences médicales, d’une chambre d’isolement pour les patients en souffrance psychique, d’un laboratoire d’explorations biologiques, d’une cellule d’écoute et de conseil, d’une salle de radiologie, d’une unité de consultations externes, d’une bibliothèque, d’un cybercafé... «En somme, comme ne manquera pas de le souligner le directeur du secteur sanitaire de Sidi Bel-Abbès, cette nouvelle réalisation comporte tout ce que les malades psychiatriques sont en droit d’attendre d’une structure de ce genre qui réunit, sur le même site, les éléments de confort de vie et les fonctionnalités nécessaires pour faire face à leur lourde pathologie.»

A. Abbad

La Voix de l'Oranie

 

HUIT PRATICIENS ONT QUITTE L’ETABLISSEMENT

L’hôpital de Sidi Chahmi se vide de ses psychiatres

 

B. Mokhtaria

L’hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi se vide de ses psychiatres. Le personnel médical tire la sonnette d’alarme.

Entre l’année 2000 et 2006, huit psychiatres ont quitté cet établissement sans être remplacés. Actuellement, ils sont cinq médecins spécialistes pour plus de quatre cents malades hospitalisés. Un nombre très réduit qui ne peut pas assurer la couverture médicale de tous ces patients, selon un membre de la coordination syndicale de cet hôpital. Le même syndicat précise qu’«en 2001, deux psychiatres ont quitté l’établissement pour s’installer ailleurs. En 2003, deux autres praticiens ont demandé des mutations. En 2004, un autre médecin spécialiste est parti pour ouvrir un cabinet privé, tandis que trois autres sont actuellement en congé de maladie depuis des mois». La situation risque de devenir dramatique d’ici quelques mois, la tutelle ne prendrait pas des mesures pour renforcer le personnel médical. Le même interlocuteur explique que «d’ici quelques mois, l’établissement risque de se retrouver avec trois psychiatres seulement, étant donné que d’autres départs sont annoncés». «Dans ces conditions, il sera difficile pour un hôpital, qui a une vocation régionale, de prendre en charge ces patients qui nécessitent une prise en charge spéciale». Ce problème a été soulevé au niveau de la direction générale lors d’une réunion tenue dimanche par les membres du conseil médical. Ces derniers ont donné un délai d’un mois pour renforcer le personnel. Dans le cas contraire, la coordination syndicale menace de recourir à la grève pour se faire entendre.

 Pour le directeur général de cet hôpital, il y a effectivement, un manque d’effectifs que ce soit pour le personnel médical, psychiatres, ou le personnel paramédical. «Nous avons saisi l’administration centrale concernant ce problème et nous attendons toujours la mise en place de l’effectif budgétaire pour l’année 2006. En 2005, nous avons bénéficié de trois postes budgétaires que nous n’avons pas pu placés». Et d’ajouter, «l’établissement fonctionne avec deux maîtres assistants, trois médecins spécialistes et trois généralistes ainsi que cent paramédicaux.

 Un nombre très insuffisant pour un hôpital qui prend en charge des malades atteints d’une pathologie lourde et qui enregistre une moyenne de dix admissions par jour pour une durée d’occupation qui peut aller jusqu’à 89 jours. S’il y a des autorisations de sortie pour les malades, ces derniers retournent souvent à l’ESH car, dans la plupart des cas, ils rechutent et, par conséquent, ils sont rejetés par leurs familles. Leur prise en charge coûte plus cher dans ces conditions».

 Parlant de l’état de cet établissement, le premier responsable de l’EHS Sidi Chahmi souligne que «la bâtisse de l’hôpital qui s’étale sur une superficie de 80 ha, se trouve dans un état vétuste. Toute opération de réhabilitation entreprise n’aboutit pas, vu que l’établissement n’a pas été construit selon les normes».

 

Le Quotidien d'Oran 5 avril 2006

2ème rencontre nationale de psychiatrie privée à Béjaïa

«70% des dépressifs peuvent aller jusqu’au suicide»

Dimanche 26 mars 2006

Par Kader Sadji

Constituant un prolongement de la 1re Rencontre consacrée au suicide, il y a deux années de cela, la 2ème Rencontre nationale de psychiatrie d’exercice privé, ayant eu lieu jeudi dernier à l’auditorium de l’université Abderahmane Mira de Béjaïa, a traité le thème des aspects actuels de la dépression en Algérie. «Le choix de ce thème s’explique par le fait que la dépression constitue aujourd’hui un problème de santé publique en Algérie», explique de prime abord le docteur Bouchene Farid, président de l’Association algérienne des psychiatres d’exercice privé. Il ajoutera que la fréquence des cas de dépression commence à devenir important en Algérie, en raison de la multiplication de facteurs liés à des événements traumatisants : bouleversements socio-économiques, répercussions du séisme de Boumerdès, inondations de Bab El Oued, terrorisme durant la décennie noire… «La dépression est également plus importante parmi les personnes de faible niveau social», a-t-il encore révélé comme pour insister sur la gravité de l’expansion de cette maladie, d’autant que «70% des dépressifs peuvent aller jusqu’au suicide», prévient notre interlocuteur.
Cette situation est malheureusement aggravée par l’extrême insuffisance de structures sanitaires et de psychiatres. Sur le plan national, il n’y aurait que 600 psychiatres exerçant dans les secteurs public et privé, inégalement répartis d’ailleurs. Ce chiffre est très minime, d’autant que les départs à l’étranger sont de plus en plus fréquents. Dans ce sillage, le docteur Lalouche a évoqué le cas de la clinique psychiatrique de Tizi Ouzou, la seule existante pour toute la Kabylie, la wilaya de Boumerdès y compris. «Une seule clinique pour une population de 5 millions d’habitants», se désole-t-il.
Mais au lieu de se décourager devant la multiplication des difficultés, le Dr Bouchène considère qu’il y a lieu de mener un travail de sensibilisation et de vulgarisation de la psychiatrie pour faire admettre que celle-ci n’est pas «la médecine des fous», car il reconnaîtra que 50% des dépressifs préfèrent consulter le taleb ou le derviche avant de recourir en fin de parcours au psychiatre, «le dernier maillon de la chaîne.»
Par ailleurs, notre interlocuteur nous confiera que pour faire face à la hausse du nombre de dépressifs en Algérie, il sera question d’élaboration d’un programme national de lutte contre la dépression, et qu’une structure autonome, le centre de santé mentale, regroupant des spécialistes pluridisciplinaires, est, d’ores et déjà, mis en place.
Le Dr Sfacene, membre de l’Amicale des psychiatres de Béjaïa, nouvellement créée et partie prenante de l’organisation de cette 2ème Rencontre, a fait état de l’absence d’un hôpital de psychiatrie à Béjaïa et d’un centre de séjour pour accueillir les dépressifs en voie de guérison. «La psychiatrie est le parent pauvre de la médecine en Algérie», dit-il. Il ajoutera qu’avec sa nouvelle association, un grand travail de sensibilisation sera accompli en direction de la population dans le but de valoriser la thérapie psychiatrique qui reste encore en proie aux préjugés sociaux. Il indiquera par ailleurs, qu’une formation pratique sera dispensée aux jeunes psychiatres au niveau de l’université de Béjaïa, car «souvent, il ne connaissent pas bien la réalité des troubles psychiques», avoue le Dr Sfacene.
Enfin, il importe de souligner que les travaux des ateliers ont consisté à promouvoir les nouvelles techniques thérapeutiques concernant la prise en charge des dépressifs.    

La Tribune 26 mars 2006

2e JOURNÉE NATIONALE DE LA PSYCHIATRIE À BÉJAïA

La dépression toujours taboue ! Par : L. Oubira

Avant d’atterrir dans un cabinet de psychiatrie, le patient, tabou oblige,  consulte d’abord un… taleb.

La dépression, une maladie en mutation des temps modernes, a été le thème d’une étude et d’un débat scientifique de la 2e journée nationale de la psychiatrie libérale organisée, avant-hier, à l’auditorium de l’université de Béjaïa, par l’Association algérienne des psychiatres d’exercice privé en collaboration avec l’Amicale des psychiatres de Béjaïa.
Une rencontre scientifique de haut niveau à laquelle ont pris part des psychiatres tunisiens et